Démocratie Créative - Contre-temps - du 6 au 15 juin 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'Espace Insight

Vous représentez pour la société et pour moi cet espace d ouverture et de liberté qui permet à chacun d entre nous de reprendre souffle et de réfléchir... différemment. Liliane K.H., visiteuse

Ouvert en mai 2003, cet espace d'exposition au centre ville de Strasbourg a à ce jour accueilli plus d'une trentaine d'exposition, pour une fréquentation totale de plus de 15 000 visiteurs, avec une moyenne donc de 500 visiteurs par exposition. C'est peu, c'est beaucoup, peu importe en réalité, si ce n'est à mettre en rapport avec la désaffection pointée par les statistiques du Ministère de la Culture sur la fréquentation des lieux culturels.

L'Espace Insight est un lieu totalement privé, qui ne bénéficie d'aucune subvention, et pour cause, il est l'espace d'exposition de l'entreprise Collectif Insight, et non une galerie associative. Galerie ? Non plus. Toutes les expositions sont scénographiées, et si les oeuvres des artistes sont bel et bien en vente, il est assez rare qu'une commission soit prise sur les ventes, et c'est alors un pourcentage fixé par les artistes et proposé par eux. Nombreuses sont les expositions, où il n'y avait rien à vendre, juste à regarder, échanger, sur des oeuvres de grande qualité.

Mais alors, si ce lieu n'est ni subventionné, ni financé par une activité économique, comment fonctionne-t-il ? A la passion, tout simplement. Est-ce que c'est un alibi de communication pour le Collectif Insight ? Pas le moins du monde non plus, même si indéniablement, il a aussi cet impact, il n'est et n'a jamais été pensé ainsi.

Non, tout simplement, il est, parce que le Collectif Insight voulait créer un lieu au service des artistes, par passion et avec sincérité, hors de toute considération économique, apportant là un mécénat de compétence pour la communication et la mise en oeuvre des expositions. Nous nous payons du plaisir de faire et d'agir... et les artistes que nous avons exposé jusqu'alors ont bien compris cela.

Nous n'avons pas de cahier des charges, nous ne devons rien à personne, l'entrée est gratuite, nous ne percevons rien sur les ventes, nous sommes totalement libres, et malgré tout, cela marche, sans rien sacrifier à la qualité des oeuvres exposées et avec un grand respect pour les artistes.

Programmation ? Non. Gestion de plannings ? Non plus. Chaque exposition est un rendez-vous entre les artistes, le public et le Collectif Insight, comme chacun d'entre nous gère ses rendez-vous. Il y a les gens que l'on rencontre parce qu'ils sont touchants, ceux qui sont convaincants, ceux que l'on aime tout simplement et ceux dont le travail doit être montré, que l'on aime ou pas, parce que le propos a toute sa place dans le paysage culturel si on veut que celui-ci reste diversifié. Pas de politique de j'aime-j'aime pas, la création mérite mieux comme jugement et les publics aussi.

Et parce que les lieux sont rares à Strasbourg, un tout petit lieu comme le nôtre a toute sa place. Nous accueillons de nombreuses réunions associatives en dehors des horaires d'exposition, organisons des conférences, des tables-rondes, des projections vidéos, en partenariat avec des acteurs culturels et participons à toutes les grandes opérations culturelles strasbourgeoises comme Strasbourg-Méditerranée par exemple.

Et si dans notre imperfection, mais avec notre enthousiasme, nous suscitons des critiques, tant mieux, que ceux qui savent fassent, nous les encouragerons bien volontiers. Notre expérience et nos parcours nous rendent légitimes et nous sommes notre premier public. Et si dans notre imperfection, nous suscitons de la sympathie, tant mieux, si cela peut encourager la multiplication des initiatives comme celles-ci. Peut-être que les politiques locaux seront un jour convaincus que la culture n'est pas seulement une gestion de subventions en saupoudrage plus ou moins stratégique et orienté, et qu'il n'est pas forcément nécessaire d'affecter des grands moyens en communication pour faire vivre une politique culturelle. Tout est plutôt une question d'approche et de respect du public. Ne pas le prendre pour un idiot, ne pas penser la culture à sa place. Lui présenter des choses de qualité, exigeantes, sans être hermétiques. Les financements publics doivent par ailleurs en premier lieu bénéficier aux créateurs, aux artistes, à la pédagogie associée, pas au fonctionnement de lieux et d'équipements créés sur des motifs purement politiques.

Merci à tous ceux qui de près ou de loin partagent notre passion, merci aux artistes que nous avons exposé et exposeront, et merci au public qui nous encourage, par le bouche à oreille et sa fréquentation de notre espace.

Arnaud Weber.

 




 
 
 
 
 
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