Effilures Schpaade Ressac
une Installation poétique par temps de nihilisme démocratique
Poaime(s), le chant du Oui, Jean-Michel Nest
Petite boltanskiade, Kerzle fer vergissmeinicht, Billa.B
L’un variant, Patrick Floch
Ecrits au verso, Daniel Boch
Vernissage vendredi 30 septembre à 18h30
Ouvert du 1er octobre au 26 novembre 2011
du jeudi au samedi de 15h à 19h (entrée libre) et sur rendez-vous
Rencontres avec les artistes : Jeudi 20 octobre : Patrick Floch / Jeudi 3 novembre : Jean –Michel Nest / Jeudi 17 novembre : Daniel Boch / Jeudi 24 novembre : Bernard Billa
L’installation proposée ici est le fruit d’un complot ourdi avec et autour de Poaime(s), le chant du oui de Jean-Michel Nest. Elle invite le regardeur - si c’est bien comme le disait Duchamp « le regardeur qui fait le tableau » - à une expérience très particulière, celle d’une « prise du temps » ! dans une circulation entre quatre polarités d‘accroche. Prendre « son temps de regardeur » lorsqu’on ne sait où donner du regard devant cette exposition du même compossible et quand le temps vous est compté – celui qu’impartissent les horaires d’ouverture de l’Espace Insight. Une expérience de palpation sensible de l’incommensurable du temps.
Les quatre polarités d’accroche, jouent chacune pour sa part sur une palpitation particulière de cette palpation et de son dérangement.
Commençons à tout hasard par ce mur là où l’on peut voir ce qui peut s’attendre d’une exposition : dans des cadres quelque chose qui fasse tableau ! Une cinquantaine de morceaux choisis parmi les 1050 « pages » des Poaime(s), le chant du Oui, de Jean-Michel Nest par Bernard B plasticien ! C’est Petite boltanskiade, Kerzle fer vergissmeinicht. Le regardeur est invité à regarder un regard porté qui met en forme ce qui avait une autre forme avant et ailleurs ! Peut-il se contenter de cet Aperçu. Certes. Sauf que.
Pendant ce temps-là, sur le mur en face, sont projetées, selon un temps mesuré de trente secondes par image, l’intégralité des 1050 pages de Poaime(s), le chant du oui de Jean-Michel Nest. Une polarité d’accroche- là – la vidéo projection plus habituelle à notre œil – qui travaille à imposer un temps objectif – et propose une confrontation sensible de mon temps de regarder et celui qui m’est imposé ! Sachant que, toute saisie de la totalité est impossible ! Personne ne sera en mesure de voir tout en une fois, ni une fois pour toute!
Et pendant ce temps, il y a ici sur une table, la même chose exactement ! Poaime(s), le chant du oui de Jean-Michel Nest, mais seulement dans trois gros porte-documents de 365 pages chacun , offrant par son classement abécédaire comme une encyclopédie inédite des variantes de la singularité du même, un jeu de la série –c’est la même chose et vraiment pas la même chose – qui a pour vocation à rester perpétuellement inachevée. Donc prendre son temps ! Un point spatial de l’installation qui demande à ce qu’on s’installe ! Feuilleter, lire, parcourir. Pour lire…
Et là – pendant ce temps – Encore ! – sur une autre table les Ecrits au verso de Daniel Boch – écrits au verso même du recto de Poaimes choisis par lui. Avec la lancinance de cette question : que peut-on bien écrire sur un écrit, écrire sur une image qui ne soit ni légende – au sens de ce qui doit être lu des saintes écritures ! - , ni commentaire ! mais du noté au verso, du tracé exact de l’alerte, du brouillonnement de la hâte. Donner tache de sa propre aquarelle à ouvrir la vague au sens !
L’un variant, Ressac de Patrick Floch donne à l’oreille de quoi entendre l’infinie antienne du temps. Un filet de son continu de ce qui du ressac est l’invariance in aeternam et de ce qui du feuilletage du même fait entendre la variance des grains de la singularité !
Une installation qui délibérément demande le temps qu’on s’y installe !
D. Boch
15 septembre 2011