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2008

DNA 6 décembre 2008 - Decque en toute gravité

decqueLa bille d'un stylo qui s'emballe sur la feuille de papier, emportée par la force gravitationnelle de la main, et finit par faire apparaître une forme: les dessins de Benoît Decque participent des lois de la physique et d'une poésie de l'aléatoire. Démonstration chez Insight.


Actuellement, son Fou se promène dans les rues de Strasbourg après avoir écumé Karlsruhe durant trois ans. Haute de trois mètres, réalisée en un empilement de cercles concentriques en bois, pilotée dans la ville aux bons soins du CEAAC, cette pièce de jeu d'échecs affectionne particulièrement les lieux de pouvoir, la proximité des institutions. C'est un peu l'antique fonction du Fou du roi qu'elle revendique symboliquement, sculpture dont le silence laisse pourtant percer une voix singulière : « Celle du bouffon, d'une parole libre, insolente, adressée au(x) pouvoir(s). Peut-être que de nos jours, l'artiste est celui qui porte encore cette parole... », remarque Benoît Decque, regard espiègle.
C'est toujours un plaisir de croiser le parcours de cet artiste qui papillonne avec les techniques, porte sur les choses, les paysages, le temps et la mémoire un regard original, décalé. Benoît Decque joue avec les échelles, les phénomènes d'accumulation, et surtout affiche une prédisposition pour les matériaux et outils "pauvres", anodins, tirés du quotidien.
En janvier dernier, à la remise des prix du CEAAC, dont il était l'un des lauréats, le public avait pu assister à un Bike-painting, peinture circulaire créée en roulant à vélo dans une flaque d'encre posée sur une grande feuille de papier. Tournant en boucle, les pneus faisaient apparaître peu à peu une forme, assez parfaite, qu'un adepte de la touche expressive n'aurait pas reniée.
« Il s'agit tout simplement d'une application de ce que les scientifiques appellent l'effet gyrostatique. Un girostat est un solide animé d'un mouvement rapide autour de son axe. Dans ce cas précis, la roue de la bicyclette est un girostat. La perfection de l'équilibre du cycliste découle de cette force gyrostatique. » Silence et un sourire plus loin : « Il y a un peu l'idée de tendre à une perfection de la peinture fondée sur la perfection de l'effet gyrostatique. »
Cette rotation continue autour d'un axe, Benoît Decque la pratique également dans le dessin dont il avait déjà montré quelques premiers travaux, à Strasbourg, il y a quelques années. Une pomme était ainsi tracée aux stylos à bille vert et rouge, en de rapides mouvements circulaires évoluant dans l'espace de la feuille. Les derniers dessins, au stylo à bille bleu, reprennent le même procédé de gravitation mais libéré de tout souci de représentation du réel.
Deux séries coexistent ici. L'une, sur des feuilles de deux mètres de haut, décline la forme du cercle - 1m10 de diamètre -, un cadre en bois évitant de s'égarer hors des limites de la figure explorée. L'autre, sur des supports plus petits - 76 x 56 cm -, laisse le champ libre à cette gravitation obsessionnelle. Mais pour l'une comme pour l'autre, le regard se perd dans les opacités et transparences du dessin, dans les effets de volume qui surgissent lorsque le trait s'épaissit sensiblement. Sur les bords, les lignes s'estompent peu à peu, dans une sainte horreur du trait qui surligne la forme. « Il est stupide de croire qu'un trait nous isole de l'espace dans lequel nous évoluons ». Vinci avec son sfumato ne disait pas autre chose.
Si la série des cercles affiche la séduction de sa perfection géométrique et du grand format, celle des "informels", plus mystérieuse, plus sculpturale aussi, n'en a pas moins beaucoup de charme. Il y a du minéral en elle. « On dirait des galets », reconnait Benoît Decque, qui se confronte à chaque fois à la question de la pertinence de la forme produite. « Un peu comme les chasseurs de galets en Orient. Ils parcourent les plages, et en choisissent un parmi des milliers. Pourquoi celui-là et pas un autre ? »

Serge Hartmann
Jusqu'au 20 décembre, chez Insight, 10 rue Thomann, du mercredi au samedi, 15 h à 19 h.

Benoît Decque. Photo DNA - Bernard Meyer.

DNA 7 novembre 2008 - Eva Linder - Parce que l'été reviendra

evalinderEntre paysage intérieur et ligne d'horizon, Eva Linder pratique une peinture du silence et de la contemplation. Et nous rappelle, chez Insight, que L'Été reviendra.
L'affirmation est celle de l'espoir. L'Été reviendra, et tout ira alors beaucoup mieux en ce bas monde. Ou dans les têtes. L'artiste strasbourgeoise poursuit un itinéraire artistique où univers formel en épure et émotions intimes sont étroitement liés. En petit ou grand format, la toile reste pour elle cette surface sur laquelle s'étale une couleur dominante - rouge éclatant, jaune lumineux, vert foncé tirant vers le brun... - de laquelle Eva Linder fera émerger un motif, un sujet, une forme qui accroche le regard.

Transparences et opacités


Il est beaucoup question d'espace, de profondeur, d'aspérité, dans ce travail indissociable de la notion du paysage. Que celui-ci soit réel ou purement mental importe peu. C'est l'effet produit sur le spectateur qu'Eva Linder privilégie : « Amener un calme, une sérénité propre à la peinture.... », dit-elle. Tout se joue dans les transparences et opacités de la matière, dans les glacis où le regard cherche les subtilités de tons, leurs accords et dissonances - autant de tableaux dans le tableau...
Un univers tout en subtilité, qui demande du temps, ne se livre pas immédiatement même s'il paraît impossible d'y échapper, à la façon des peintures de Rothko ou de Soulages qu'Eva Linder cite au hasard de la conversation. Il y a là, sur la toile, de toute évidence, une charge spirituelle qui après avoir nourri sa façon de peindre peut également ricocher dans le regard du spectateur.
En toute hypothèse, « apporter peut-être du bonheur », risque-t-elle. Le bonheur fugace, léger mais toujours rassurant, d'un été qui revient, dissipe brumes et brouillards pour, ici, faire éclater une palette attachante sans être racoleuse - étonnamment juste, parce qu'Eva est une coloriste inspirée. Lumière ? Oui, et qui convoque de façon subliminale certains paysages de Nicolas de Staël, qu'on imagine écrasés de soleil. Mais aussi, aux antipodes, ce clair-obscur qui, sur l'un ou l'autre petit format, fait écho à la tradition de la nature morte flamande, à sa délicatesse - quelque chose du chuchotement, de l'intime. Parce que là encore l'été saura revenir.


Serge Hartmann
Jusqu'au 23 novembre chez Insight, 10, rue Thomann à Strasbourg. Du mercredi au dimanche, de 15 h à 19 h. L'artiste est présente les 9, 16 et 23 novembre de 15 h à 19 h. Finissage le 23 à 18 h. www.espace-insight.org

Eva Linder chez Insight. (Photo DNA - Bernard Meyer)

DNA 10 octobre 2008 - Ideo in sight #4 : « Les illusions nécessaires »

« Ideo » est un collectif de vidéastes strasbourgeois fondé par Olivier Lelong et Christian Nicolas, dont l'objectif est de sensibiliser le grand public à l'art vidéo. L'association s'occupe aussi de promouvoir des artistes vidéastes en développement.
C'est dans ce cadre là que « La Brigade des images » (Romainville, 93), et son fondateur Laurent Quénéhen, présenteront une sélection d'oeuvres vidéo (http ://www.brigadedesimages.com) à l'Espace Insight, 10 rue Thomann à Strasbourg.
On pourra découvrir les travaux de 16 jeunes artistes du monde entier - qui se reconnaissent dans l'oeuvre de l'écrivain américain Avram Noam Chomsky. La programmation vidéo, intitulée « Les illusions nécessaires », est axée sur « la thématique des médias et de leur fonctionnement ». Cette thématique a pour point de départ le livre du sociologue américain. La programmation de soixante-trois minutes débouchera sur un échange et un débat avec le public.

Jeudi 16 octobre. Dès 20h, entrée libre. Renseignements : Christian Nicolas, Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. et Tél: 06 15 45 99 19. Site internet : www.espace-insight.org

DNA 17 septembre 2008 - Brutal et tragique

boisadanDe retour d'une résidence en Pologne, il disperse entre Strasbourg et Colmar d'anciens et nouveaux travaux : Mathieu Boisadan projette les images lisses d'aujourd'hui dans une vérité brutale et tragique.
Une peinture hachée, aux noirs et blancs travaillés à la brosse, nourrie aux images électroniques que déversent jusqu'à plus soif nos sociétés hypermédiatisées. Mais il arrive aussi que Mathieu Boisadan aille faire son petit marché ailleurs. Et repère à la dernière biennale de Venise une vidéo qui met en scène une inquiétante chevauchée d'hommes masqués dont il se réapproprie, sur la toile, la fantomatique vision. Il pourra aussi être touché par un adolescent allongé dans la pénombre que l'artiste hollandaise Desiree Dolron photographie tel un gisant, dans une esthétique glacée.
« Que raconte une image ? Quelle est son intensité ? Et surtout comment la peinture peut-elle lui apporter une nouvelle vie ? », s'interroge l'artiste, dans son atelier du Bastion 14, posé en lisière de la ville. C'est dans les réponses qu'il trouve à ces questions que se construit un travail articulé au réel, - à un monde dont l'artiste dénonce le caractère factice, la vulgarité, et surtout la violence, comme désincarnée parce que banalisée par le grand spectacle médiatique. Par la tension qui naît sous son pinceau, par les couches et traces généreuses qu'il jette sur la toile, entre loi du hasard et folle précision, avec pour seules armes les contrastes du noir et blanc, Boisadan redonne de la matière à ces corps, à ces visages qui échappent enfin au lisse de l'image électronique ou du papier imprimé. Entre fragilité et tragique, émerge ainsi l'humain.
D'une résidence d'un mois à Katowice, organisée par l'association Polart, il a ramené « l'expérience d'un autre lieu, d'autres conditions de travail, de rencontres inattendues... » Et bien sûr quelques toiles, visibles à l'Espace Insight à Strasbourg. Ce que raconte un documentaire vidéo réalisé sur place par le réalisateur strasbourgeois David Thiriet, Retour de résidence : « Une captation en retrait, sans voix off, une tentative de saisir et montrer le désir de peindre de Mathieu », résume David Thiriet - le film sera projeté à l'Hôtel du Département (le 18 septembre à 19 h). Outre Insight, la galerie des Petits Moutons à l'Abreuvoir présente plusieurs de ses travaux (jusqu'au 13 septembre). Tout comme le cloître de la Bibliothèque municipale de Colmar (jusqu'au 25 septembre) et l'Espace Lézard (du 19 septembre au 18 octobre).
Fragmentation d'espaces, donc, pour une peinture à l'aise dans le grand format, propice au geste large. Et une palette toujours réduite au noir et au blanc. « La couleur ? J'aurais trop l'impression d'être dans la séduction. » Une question d'éthique.

Serge Hartmann
www.boisadan.org

DNA 6 septembre 2008 - Opening Night

Opening night

Les structures strasbourgeoises du réseau Trans Rhein Art inaugurent Opening Night, une manifestation nocturne conçue comme un temps de rencontres conviviales.
Apollonia accueille le CRAC Alsace et les travaux de Su-Mei Tse et Virginie Yassef. Le CEAAC annonce un concert du groupe Suboko, la Chambre organise le vernissage de l'expo de Denis Baudier, la Galerie 24 celui de la revue CUT.
La Chaufferie, qui a toujours Edmund Kuppel à l'affiche, ajoute les vidéos de Jérémy Laffont. Polart s'installe chez Insight avec David Thiriet et Mathieu Boisadan. On retrouve ce dernier aux Petits Moutons à l'Abreuvoir, avec un concert d'Inkubator Minimal Mix. Vernissage de l'expo d'Alain Kaiser chez Stimultania et programme dense (film de Céline Bossu, carte blanche de Julie Vayssiere...) au Syndicat Potentiel, qu'on retrouve au Conseil Général (spectacle de danse butoh de Dominique Starck). Et casting vidéo prestigieux, enfin, à la Maison de l'Image : Robert Cahen, Bill Viola, Gary Hill, Sophie Calle...

www.artenalsace.org

DNA 11 juin 2008 - Le « street-art » de la CUS

democreaLe « street-art » de la CUS

Le logo de la CUS revisité pour l'expo « Cus'Tom » à la galerie Insight. (Photo DNA - Bernard Meyer) La plupart du temps cachés, 27 artistes de street-art sont réunis durant le festival Contre-temps à l'espace Insight, 10 rue Thomann, autour du même support : le logo triangulaire de la CUS, personnalisé à souhait. Ils s'approprient aussi les murs.
Collages, pochoirs, bombe, peinture... Les supports du street-art sont infinis, les styles des artistes des plus variés. Et chaque soir de 18 h à 20 h à l'angle de la rue Thomann et de la rue du Noyer, les graffeurs suscitent l'attention des passants. Assis à même le sol ou profitant de la terrasse du Rocher du sapin, ils apprécient les sons électro-groove venant de l'espace Insight, tout en admirant la performance des artistes sur un pan de mur consacré (*). « C'est super impressionnant, concèdent Hortense, 17 ans, et Cynthia, 18 ans, élèves en arts appliqués. A partir d'un détail, ils arrivent à voir la globalité de ce qu'ils veulent faire, c'est dingue. » Nombreux sont aussi les passants à ne faire qu'un stop, l'oeil attiré par l'événement : « Je suis pressée et pourtant je m'arrête, c'est la preuve que c'est réussi ! », s'amuse ainsi Brigitte, 49 ans.

Objectif : rencontrer le grand public
A l'initiative de l'association Démocratie créative, 27 graffeurs, illustrateurs, ou artistes-peintres montrent ainsi jusqu'à samedi leurs talents souvent cachés, ou inconnus du grand public, passant de leur premier support, les murs de la Communauté urbaine de Strasbourg, à une réinterprétation de son logo triangulaire, sur toile cette fois. « C'est un petit clin d'oeil aux institutionnels, pour leur montrer notre démarche artistique », confie le président de l'association, Florian Rivière. Qui espère bien ainsi pouvoir nouer d'autres partenariats avec la Ville, « pour disposer de quelques vitrines nous permettant de partager notre savoir-faire avec le public ». Les plus observateurs auront déjà repéré les dessins de cartons sur différents murs de la ville, les stickers en forme de slips ou le « wild style » du graffeur strasbourgeois Wise. Dans l'espace Insight, tous les styles sont représentés, du plus loufoque Antistatik qui a imaginé le logo de la CUS en plusieurs volumes, au plus pointu DAN 23, peintre, illustrateur et graphiste travaillant sur multi-supports. Chaque toile est à vendre entre 40 € et 600 €. Pour Démocratie créative, invitée par le Festival Contre-temps, l'expérience est en tout cas déjà positive : entre 150 et 200 personnes défilent chaque jour à l'Espace Insight.

Barbara Romero
(*) Chaque soir, les vidéos des performances sont sur le site http ://custom.expo.fr
Jusqu'au 14 juin inclus. Expo Cus'tom, à l'espace Insight, 10 rue Thomann à Strasbourg. De 15 h à 20 h, performance avec DJ de 18 h à 20 h à l'extérieur.

TV Campus - Jaek el Diablo - 8 juin 2008

TV campus - Expo CUS-TOM 6 juin 2008

DNA 4 juin 2008 - Contre temps 5 - Au programme du festival

Contretemps5-2L'ouverture du festival Contre-temps ce jeudi 5 juin à 22 h ira du hip-hop à l'électro-booty nu school, au Rafiot, 30 quai des Bateliers, avec carte blanche au magazine Clark, spécialiste des cultures urbaines (entrée : 5 €). Autre temps fort du festival, la venue de Ty from London, « l'un des meilleurs bands hip-hop de la planète, sachant conjuguer groove et paroles qui font mouche ». A la Salamandre, 3 rue Paul-Janet, à partir de 22 h vendredi 6 juin (entrée : 12 € en prévente, 15 € sur place). Le New-Yorkais spécialiste de Deep house Kerri Chandler devrait aussi faire vibrer le Living-Room, 11 rue des Balayeurs, le jeudi 12 juin à partir de 23 h (entrée libre, capacité limitée). Ambiance des plus pures soirées berlinoises garantie pour terminer le festival en beauté le samedi 14 juin à Art Factory, 28 rue du Maréchal-Lefebre à la Meinau (tram A et E, arrêt Couffignal) à partir de 22 h, sur les sons notamment du trio Jahcoozi, mêlant « électro et hip-hop relevés de ragga et de punk ». Entrée 10 € en prévente, 12 € sur place. Du 6 au 15 juin. Contre-Temps et l'Association des urbanistes d'Alsace s'associent pour réfléchir à la place des arts urbains et leur fonction dans la ville. Une expo « RE-GNR8 », ou l'occasion « de penser la ville comme un vêtement, une cuirasse, un lieu d'échanges », à découvrir au CAUE (Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement), 5 rue Hannong, de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 16 h 30 en semaine, de 11 h à 18 h le week-end. Entrée libre. Le vendredi 6 juin : table ronde autour de l'espace urbain, de sa conception à son appropriation. Du 6 au 14 juin. Expo « CUS'tom », créations urbaines de Strasbourg. A l'espace Insight, 10 rue Thomann, 27 artistes de l'association Démocratie créative exposeront des « créations urbaines de Strasbourg, dont la mission sera de personnaliser un support commun, à savoir le logo triangulaire de la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS) ». Artistes, graffeurs, illustrateurs, feront ainsi découvrir le Street-art tous les jours de 15 h à 20 h. Live painting et DJ chaque soir à partir de 18 h. Entrée libre. Samedi 7 juin. Jam session au skate park de la Rotonde, avec démo de skate, BMX, roller et live DJ de 18 h à 22 h. Mardi 10 juin. Parcours « cinélectrogroove » au cinéma Star à partir de 20 h 30. Chaque salle du ciné de la rue du Jeu-des-Enfants sera consacrée à des ambiances différentes entre 20 h 30 et 0 h 30. A 20 h 30, projection du documentaire Retour à Gorée de Pierre-Yves Borgeaud, suivi de 22 h 30 à 0 h 30 d'un « split mix », entre cinemix live, sélection de courts métrages vidéo qui jazzent, funkent ou rapent ! A 0 h 30, projection de Block party de Michel Gondry. Entrée : 10 € pour la soirée.

B. R.

Le Strasbourgeois Tal Steph l'an dernier lors du festival Contre-Temps à la Laiterie. (Photo archives DNA)

DNA 31 mai 2008 - Contre-temps 5 - Visions electro

Contretemps5La cinquième édition du festival Contre-temps retentira de conjugaisons electro-groove et hip hop inédites pour mettre la ville au rythme des expressions urbaines.


Depuis cinq ans, Contre-temps distille un esprit un peu à part dans le paysage des festivals alsaciens. Au-delà de sa programmation pointue et exigeante, la manifestation a en effet la particularité de proposer des croisements artistiques bienvenus.
A l'écoute des arts visuels, le festival, programmé par l'association Dodekazz avec le concours de lieux divers (la Maison de l'architecture, l'Espace Insight, Art factory, le cinéma Star...), met en place quelques expositions, performances, projections à découvrir en complément des concerts et des mixes.
A forte connotation électro-groove, cette programmation devrait ravir les amateurs de beats alambiqués, de grosse chaleur dance-floor et de culture club. A côtés des électroniciens confirmés Kerry Chandler, Ben Mono, DJ DSL, Florian Keller, on recommande fortement la prestation de Ty, magnifique représentant de la scène spoken-word britannique dont l'univers explore un vaste potentiel sonore (06/06 à la Salamandre). Immanquable également l'électro de Marc Mac - moitié du duo 4hero qui connut son heure de gloire il y a quinze ans -, incendiaire en live (13/06 à Art factory - Colodor). Tout comme le ragga punk des berlinois de Jahcoozi.
Côté français, on aura l'embarras du choix : rêver en écoutant la soul délicieuse de Sandra Nkake, collaboratrice de Melvin Van Peebles, Julien Lourau... (12 / 06 à la Salamandre), se laisser gagner par les ambiances soyeuses de Onra (11 / 06 au Café des anges) ou encore foncer écouter en live les rappeurs de Rouge à lèvres (07 / 06, salle Molodoi).
A noter également les apéro-mix en terrasse (à partir de 18 h au Rafiot), des expositions (Re-GNR8, expo collective Cus'Tom, Second lives), le parcours "cinelectrogroove" - entre projections de long métrages, Block party notamment, de courts-métrages et mixes dans plusieurs salles du cinéma Star, rue du Jeu-des-enfants (10 / 06) et les pelouses électroniques au jardin des deux rives (le 15 / 06 de 14 h à 22 h, gratuit) avec musique live. Un programme éclaté et éclatant pour un festival à taille humaine.

J.I.
Du 5 au 15 juin à Strasbourg en différents lieux de la ville. 06 22 80 84 67 et www.contre-temps.net

DNA 10 javier 2008 - Hors-champs photographies, Baptiste Cogitore

cogitoreLes photographies de Baptiste Cogitore sont l'illustration de qualité, de « Guerre sans visage », pièce de théâtre écrite et mise en scène par Claire Audhuy retraçant les années de la guerre 1914-1918, laquelle sera reprise le 19 janvier dans la salle de la Bourse.
Cette réflexion artistique pour entretenir les mémoires vivantes est matérialisée par cette exposition Hors-champs où des ruines reconstituées témoignent de ces moments horribles dont peu peuvent encore parler. Toutes les guerres se ressemblent et la dernière exposition du plasticien allemand Anselm Kiefer dans le Grand Palais à Paris traitait de celle de 1939-1945, de semblable manière. Quand la paix revient, on oublierait vite et les artistes se chargent de ranimer les mémoires défaillantes.
Baptiste Cogitore est donc allé photographier le chemin des Dames où le blé se lève, l'Argonne où aujourd'hui les champs sont labourés, Verdun au printemps, le Vieil Armand où les roseaux poussent au bord de l'étang. Ici, l'air est pur et là, vers le chemin des Dames, le brouillard occulte ces lieux où les jeunesses furent fauchées. Le sujet délicat est traité de manière à ce que « les paysages déterrent leur histoire » sans rancoeur. « Il n'y avait plus de paysages, juste des ruines, plus de peuples, juste des corps, plus d'ennemis, juste des hommes ». La nature maternelle et douce a repris ses droits, mais les hommes doivent se souvenir.


Julie Carpentier
Espace In-Sight, 10 rue Thomann, du 2 au 12 janvier, du mercredi au samedi, de 15 h à 19 h (entrée libre) ; Tél: 03 88 21 05 18 ; fax 03 88 21 07 52 ; www.espace-insight.org ; Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.