2009
Reflets DNA - 30 mai 2009 - Festival Contre-temps 6
Toutes cultures urbaines
Dodekazz, avec son Contre-temps, a rendez-vous avec l'époque : c'est de la ville que viennent les nouvelles cultures et c'est dans la ville qu'il faut aller y voir. Le festival prend plus que jamais position, à Strasbourg : il s'ancre au coeur de la production de ces cultures urbaines, qu'il réunit dans un grand mix avec toutes les tribus qui les activent. Quand Ososphère cerne son objet autour des seuls arts numériques et des musiques électroniques, mis en situation dans le quartier de la Laiterie, Contre-temps se déploie dans tout l'espace urbain strasbourgeois et fait entrer dans son champ diverses formes artistiques, établies ou non. Dans leur mouvement, vivant, populaire, le festival s'éclate sur plusieurs scènes et dans la rue, avec une affiche à la fois musicale, artistique et cinématographique. Et même, sportive.
Si à ses débuts, en 2004, Contre-temps avait contenu son propos, avec une affiche exclusivement musicale, le jeune festival monté par Dodekazz n'a cessé, au fil de ses éditions, d'élargir son sujet. Il englobe cette année pour la première fois les sports urbains, sports de bitume, de rue, à ciel découvert, la ville pour terrain de jeu, à l'occasion d'un Street action day (le 6 juin). S'y déroulent un contest de street golf (en relation avec l'association Balles perdues), en neuf spots localisés dans plusieurs lieux emblématiques de la ville, ainsi qu'une jam session de skate, roller et bmx, avec graff, apéro et mix (en collaboration avec l'association Nouvelle Ligne) au skate-park de Cronenbourg. Pour finir cette journée dans la rue, Contre-temps invite l'Anglais pop-arty Swifty pour une performance de street-art - il est aussi exposé à l'Espace Insight.
Contre-temps développe aussi dans sa relation avec les acteurs culturels strasbourgeois. Après un tour de chauffe en bateau, au Rafiot, avec une soirée programmant l'inventif DJ Pilooski (le 5 juin), qui actualise sur fond d'électro expérimentale des classiques usés de funk, soul et rock, le festival fait coïncider sa grande soirée d'ouverture (le 6 juin), avec la dernière nuit de Premières, le festival de théâtre dédié aux jeunes metteurs en scènes européens, entre TNS, Maillon et TJP (lire également en Une de ce Reflets). Le hall 3 du Wacken sera le lieu d'une soirée activée par des noms prometteurs de la scène internationale, comme la DJ anglaise underground Nikki Lucas et l'expérimentateur viennois Dorian Concept, et le Vidéo-jockey Optik Hartmann y produira ses visuels hybridant aux images live du public son propre univers pictural.
Une autre signature apparaît à Contre-temps, avec le collectif Démocratie créative qui propose, pendant la durée du festival « une injection artistique en milieu urbain », baptisée « Perffusion » (lire en pages 9 de ce Reflets). Le festival agrège également plusieurs expositions : au RZO Store, avec City4Scale, où graffeurs et graphistes explorent les images possibles de la ville; chez Endorfine, avec Gold Members, où une trentaine d'artistes exposent des sex-toys customisés; au Jimmy's pub, où officie le duo Pandarash, formé par les dessinateurs stéphanois Ant et TC.
Les soirées musicales de Contre-temps se déclinent à thème dans différentes salles strasbourgeoises. On écoutera de l'afrobeat à la Salamandre (le 11 juin), où l'on retrouvera notamment les Fanga de Montpellier, enfants rappeurs et électroniques de Fela Kuti. On dansera sur de la real house au Living room (le 11 juin), avec le DJ touche-à-tout Simbad en tête d'affiche. On y machinera une musique computer world au Molodoï (le 12 juin), pour une exploration des nouveaux sons électroniques, tels que les créent le duo allemand Ame, le jeune prodige bidouilleur de sampler Fulgeance, ou encore le très tokyoïte Aroop Roy. La soirée « Pass le beat », au même endroit mais le lendemain (le 13 juin), invitera l'excellent DJ Cam, ainsi que la belle Yarah Bravo et les actifs Lyonnais de The Dynamics. Un flash-back est opéré au Café des Anges (le 10 juin), avec des DJ collectionneurs compulsifs de vinyles et bibliophiles sonores, parmi lesquels l'Anglais Keb Darge, un barge de 45 tours, qu'il accumule comme autant de galettes à trésors.
Contre-temps, enfin, prend l'air au parc de l'Orangerie, pour des « Pelouses sonores » (le 7 juin, de 14 h à 21 h) qui mêlent aux DJ sets une formation dirigée par Bernard Stuber, le MMEW Ensemble, de Wasselonne.
Nathalie Chifflet
Du 5 au 14 juin, à Strasbourg. www.contre-temps.net. 0648 123 004.
© Dernières Nouvelles D'alsace, Samedi 30 Mai 2009. - Tous droits de reproduction réservés
Yarah Bravo (Londres) / Fulgeance (Paris) La sixième édition du festival Contre-temps, à Strasbourg, fusionne musiques électroniques éclectiques, propositions artistiques, rendez-vous cinématographiques et sports de rue.
DNA 5 février 2009 - Les as de l'aérosol à l'oeuvre
L'association Démocratie créative s'associe à l'espace Insight pour lancer La Twall, une action artistique mettant à l'honneur, chaque premier samedi du mois, un graffeur strasbourgeois. Au menu, peinture en live et en musique, au beau milieu de la rue.
Déjà l'an dernier, l'association Démocratie créative s'était illustrée en proposant à une trentaine d'artistes issus de la scène street-art strasbourgeoise de s'approprier le logo de la Communauté urbaine.
L'expo Cus'tom qui avait suivi avait attiré à l'espace Insight 1 500 personnes en 10 jours. Les séances de peinture à la bombe live au pied de l'immeuble du lieu d'exposition du 10 rue Thomann avaient aussi fait leur petit effet, accrochant passants et commerçants.
Repeindre
les clichés
La Twall, nouveau projet de Démocratie créative, reprend le concept. « L'idée c'est de proposer, le premier samedi du mois, à un jeune artiste strasbourgeois de créer en live, une oeuvre sur le mur situé au pied de l'espace Insight. Un dj mixera à la fenêtre le temps de la session et une vidéo retraçant l'événement sera mise en ligne dans la foulée », détaille Florian Rivière, président de l'association organisatrice.
« Notre démarche est didactique. Je pense que 90 % des Strasbourgeois n'ont aucune idée des étapes nécessaires à la réalisation d'une fresque, d'ordinaire réalisée à l'abri des regards. Nous voulons montrer au grand public que c'est une création à part entière. Avec une méthode, des techniques et une intention artistiques », ajoute Tony Weingartner, plus connu sous le pseudo de Milkvonstrass.
En ligne de mire de l'association : l'amalgame graffiti=tag=vandalisme. « Le graffiti et le tag ont en commun un même outil, la bombe de peinture, mais c'est tout. Le graffiti est une oeuvre, le tag, une signature, un moyen de revendiquer un territoire », insiste Tony.
Il suffira, pour s'en convaincre, de visiter les sites des trois artistes programmés. Mahon, parrain du Macia Crew - un collectif strasbourgeois actif dans le graffiti - baigné de culture hip hop, formé aux persos et lettrages à l'ancienne s'est diversifié, notamment dans l'illustration, sans renier son style. Il ouvre le cycle le samedi 7 février. (myspace.com/smooth_hustler ou www.mahon.fr)
Karton, déjà présenté dans nos colonnes, connu pour ses pictogrammes figurant une boîte en carton s'ouvrant sur une couleur bien flashy prendra le relais le 7 mars. (myspace.com/fais_tes_cartons)
Enfin, Alsacherie, l'artiste qui se cache derrière les silhouettes de personnages de dessins-animés croisées ici ou là sera à l'oeuvre le 4 avril. Lui a plus d'une corde à son arc. Son travail sur les pin-ups - représentations naïves, colorées et fleuries d'un érotisme désuet - ou les portraits photo d'antan est là pour en témoigner. (www.alsacherie.fr)
Manuel Plantin
Le premier samedi du mois, 10, rue Thomann, à partir de 16 h, La Twall, live painting et DJ. (www.democratiecreative.com ou myspace.com/ democratie_creative).


