Cacher les introductions
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Alsace 20
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Reflets DNA - 30 mai 2009 - Festival Contre-temps 6
Toutes cultures urbaines
Dodekazz, avec son Contre-temps, a rendez-vous avec l'époque : c'est de la ville que viennent les nouvelles cultures et c'est dans la ville qu'il faut aller y voir. Le festival prend plus que jamais position, à Strasbourg : il s'ancre au coeur de la production de ces cultures urbaines, qu'il réunit dans un grand mix avec toutes les tribus qui les activent. Quand Ososphère cerne son objet autour des seuls arts numériques et des musiques électroniques, mis en situation dans le quartier de la Laiterie, Contre-temps se déploie dans tout l'espace urbain strasbourgeois et fait entrer dans son champ diverses formes artistiques, établies ou non. Dans leur mouvement, vivant, populaire, le festival s'éclate sur plusieurs scènes et dans la rue, avec une affiche à la fois musicale, artistique et cinématographique. Et même, sportive.
Si à ses débuts, en 2004, Contre-temps avait contenu son propos, avec une affiche exclusivement musicale, le jeune festival monté par Dodekazz n'a cessé, au fil de ses éditions, d'élargir son sujet. Il englobe cette année pour la première fois les sports urbains, sports de bitume, de rue, à ciel découvert, la ville pour terrain de jeu, à l'occasion d'un Street action day (le 6 juin). S'y déroulent un contest de street golf (en relation avec l'association Balles perdues), en neuf spots localisés dans plusieurs lieux emblématiques de la ville, ainsi qu'une jam session de skate, roller et bmx, avec graff, apéro et mix (en collaboration avec l'association Nouvelle Ligne) au skate-park de Cronenbourg. Pour finir cette journée dans la rue, Contre-temps invite l'Anglais pop-arty Swifty pour une performance de street-art - il est aussi exposé à l'Espace Insight.
Contre-temps développe aussi dans sa relation avec les acteurs culturels strasbourgeois. Après un tour de chauffe en bateau, au Rafiot, avec une soirée programmant l'inventif DJ Pilooski (le 5 juin), qui actualise sur fond d'électro expérimentale des classiques usés de funk, soul et rock, le festival fait coïncider sa grande soirée d'ouverture (le 6 juin), avec la dernière nuit de Premières, le festival de théâtre dédié aux jeunes metteurs en scènes européens, entre TNS, Maillon et TJP (lire également en Une de ce Reflets). Le hall 3 du Wacken sera le lieu d'une soirée activée par des noms prometteurs de la scène internationale, comme la DJ anglaise underground Nikki Lucas et l'expérimentateur viennois Dorian Concept, et le Vidéo-jockey Optik Hartmann y produira ses visuels hybridant aux images live du public son propre univers pictural.
Une autre signature apparaît à Contre-temps, avec le collectif Démocratie créative qui propose, pendant la durée du festival « une injection artistique en milieu urbain », baptisée « Perffusion » (lire en pages 9 de ce Reflets). Le festival agrège également plusieurs expositions : au RZO Store, avec City4Scale, où graffeurs et graphistes explorent les images possibles de la ville; chez Endorfine, avec Gold Members, où une trentaine d'artistes exposent des sex-toys customisés; au Jimmy's pub, où officie le duo Pandarash, formé par les dessinateurs stéphanois Ant et TC. Les soirées musicales de Contre-temps se déclinent à thème dans différentes salles strasbourgeoises. On écoutera de l'afrobeat à la Salamandre (le 11 juin), où l'on retrouvera notamment les Fanga de Montpellier, enfants rappeurs et électroniques de Fela Kuti. On dansera sur de la real house au Living room (le 11 juin), avec le DJ touche-à-tout Simbad en tête d'affiche. On y machinera une musique computer world au Molodoï (le 12 juin), pour une exploration des nouveaux sons électroniques, tels que les créent le duo allemand Ame, le jeune prodige bidouilleur de sampler Fulgeance, ou encore le très tokyoïte Aroop Roy. La soirée « Pass le beat », au même endroit mais le lendemain (le 13 juin), invitera l'excellent DJ Cam, ainsi que la belle Yarah Bravo et les actifs Lyonnais de The Dynamics. Un flash-back est opéré au Café des Anges (le 10 juin), avec des DJ collectionneurs compulsifs de vinyles et bibliophiles sonores, parmi lesquels l'Anglais Keb Darge, un barge de 45 tours, qu'il accumule comme autant de galettes à trésors. Contre-temps, enfin, prend l'air au parc de l'Orangerie, pour des « Pelouses sonores » (le 7 juin, de 14 h à 21 h) qui mêlent aux DJ sets une formation dirigée par Bernard Stuber, le MMEW Ensemble, de Wasselonne.
Nathalie Chifflet Du 5 au 14 juin, à Strasbourg. www.contre-temps.net. 0648 123 004.
© Dernières Nouvelles D'alsace, Samedi 30 Mai 2009. - Tous droits de reproduction réservés
Yarah Bravo (Londres) / Fulgeance (Paris) La sixième édition du festival Contre-temps, à Strasbourg, fusionne musiques électroniques éclectiques, propositions artistiques, rendez-vous cinématographiques et sports de rue.
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TV Campus - Dan23 fait sa TWALL - 2 mai 2009
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Café Culture - Alsachérie - 1er mai 2009
Interview Alsachérie à 4'15
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20 minutes - La Twall - 6 mars 2009
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Poly 124 - février 2009
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DNA 5 février 2009 - Les as de l'aérosol à l'oeuvre
L'association Démocratie créative s'associe à l'espace Insight pour lancer La Twall, une action artistique mettant à l'honneur, chaque premier samedi du mois, un graffeur strasbourgeois. Au menu, peinture en live et en musique, au beau milieu de la rue. Déjà l'an dernier, l'association Démocratie créative s'était illustrée en proposant à une trentaine d'artistes issus de la scène street-art strasbourgeoise de s'approprier le logo de la Communauté urbaine. L'expo Cus'tom qui avait suivi avait attiré à l'espace Insight 1 500 personnes en 10 jours. Les séances de peinture à la bombe live au pied de l'immeuble du lieu d'exposition du 10 rue Thomann avaient aussi fait leur petit effet, accrochant passants et commerçants.
Repeindre les clichés
La Twall, nouveau projet de Démocratie créative, reprend le concept. « L'idée c'est de proposer, le premier samedi du mois, à un jeune artiste strasbourgeois de créer en live, une oeuvre sur le mur situé au pied de l'espace Insight. Un dj mixera à la fenêtre le temps de la session et une vidéo retraçant l'événement sera mise en ligne dans la foulée », détaille Florian Rivière, président de l'association organisatrice. « Notre démarche est didactique. Je pense que 90 % des Strasbourgeois n'ont aucune idée des étapes nécessaires à la réalisation d'une fresque, d'ordinaire réalisée à l'abri des regards. Nous voulons montrer au grand public que c'est une création à part entière. Avec une méthode, des techniques et une intention artistiques », ajoute Tony Weingartner, plus connu sous le pseudo de Milkvonstrass. En ligne de mire de l'association : l'amalgame graffiti=tag=vandalisme. « Le graffiti et le tag ont en commun un même outil, la bombe de peinture, mais c'est tout. Le graffiti est une oeuvre, le tag, une signature, un moyen de revendiquer un territoire », insiste Tony. Il suffira, pour s'en convaincre, de visiter les sites des trois artistes programmés. Mahon, parrain du Macia Crew - un collectif strasbourgeois actif dans le graffiti - baigné de culture hip hop, formé aux persos et lettrages à l'ancienne s'est diversifié, notamment dans l'illustration, sans renier son style. Il ouvre le cycle le samedi 7 février. (myspace.com/smooth_hustler ou www.mahon.fr) Karton, déjà présenté dans nos colonnes, connu pour ses pictogrammes figurant une boîte en carton s'ouvrant sur une couleur bien flashy prendra le relais le 7 mars. (myspace.com/fais_tes_cartons) Enfin, Alsacherie, l'artiste qui se cache derrière les silhouettes de personnages de dessins-animés croisées ici ou là sera à l'oeuvre le 4 avril. Lui a plus d'une corde à son arc. Son travail sur les pin-ups - représentations naïves, colorées et fleuries d'un érotisme désuet - ou les portraits photo d'antan est là pour en témoigner. (www.alsacherie.fr)
Manuel Plantin Le premier samedi du mois, 10, rue Thomann, à partir de 16 h, La Twall, live painting et DJ. (www.democratiecreative.com ou myspace.com/ democratie_creative).
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DNA - La Twall - 5 février 2009
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Café Culture - Milkvonstrass - 16 janvier 2009
Reportage à 10'35
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DNA 6 décembre 2008 - Decque en toute gravité
La bille d'un stylo qui s'emballe sur la feuille de papier, emportée par la force gravitationnelle de la main, et finit par faire apparaître une forme: les dessins de Benoît Decque participent des lois de la physique et d'une poésie de l'aléatoire. Démonstration chez Insight.
Actuellement, son Fou se promène dans les rues de Strasbourg après avoir écumé Karlsruhe durant trois ans. Haute de trois mètres, réalisée en un empilement de cercles concentriques en bois, pilotée dans la ville aux bons soins du CEAAC, cette pièce de jeu d'échecs affectionne particulièrement les lieux de pouvoir, la proximité des institutions. C'est un peu l'antique fonction du Fou du roi qu'elle revendique symboliquement, sculpture dont le silence laisse pourtant percer une voix singulière : « Celle du bouffon, d'une parole libre, insolente, adressée au(x) pouvoir(s). Peut-être que de nos jours, l'artiste est celui qui porte encore cette parole... », remarque Benoît Decque, regard espiègle. C'est toujours un plaisir de croiser le parcours de cet artiste qui papillonne avec les techniques, porte sur les choses, les paysages, le temps et la mémoire un regard original, décalé. Benoît Decque joue avec les échelles, les phénomènes d'accumulation, et surtout affiche une prédisposition pour les matériaux et outils "pauvres", anodins, tirés du quotidien. En janvier dernier, à la remise des prix du CEAAC, dont il était l'un des lauréats, le public avait pu assister à un Bike-painting, peinture circulaire créée en roulant à vélo dans une flaque d'encre posée sur une grande feuille de papier. Tournant en boucle, les pneus faisaient apparaître peu à peu une forme, assez parfaite, qu'un adepte de la touche expressive n'aurait pas reniée. « Il s'agit tout simplement d'une application de ce que les scientifiques appellent l'effet gyrostatique. Un girostat est un solide animé d'un mouvement rapide autour de son axe. Dans ce cas précis, la roue de la bicyclette est un girostat. La perfection de l'équilibre du cycliste découle de cette force gyrostatique. » Silence et un sourire plus loin : « Il y a un peu l'idée de tendre à une perfection de la peinture fondée sur la perfection de l'effet gyrostatique. » Cette rotation continue autour d'un axe, Benoît Decque la pratique également dans le dessin dont il avait déjà montré quelques premiers travaux, à Strasbourg, il y a quelques années. Une pomme était ainsi tracée aux stylos à bille vert et rouge, en de rapides mouvements circulaires évoluant dans l'espace de la feuille. Les derniers dessins, au stylo à bille bleu, reprennent le même procédé de gravitation mais libéré de tout souci de représentation du réel. Deux séries coexistent ici. L'une, sur des feuilles de deux mètres de haut, décline la forme du cercle - 1m10 de diamètre -, un cadre en bois évitant de s'égarer hors des limites de la figure explorée. L'autre, sur des supports plus petits - 76 x 56 cm -, laisse le champ libre à cette gravitation obsessionnelle. Mais pour l'une comme pour l'autre, le regard se perd dans les opacités et transparences du dessin, dans les effets de volume qui surgissent lorsque le trait s'épaissit sensiblement. Sur les bords, les lignes s'estompent peu à peu, dans une sainte horreur du trait qui surligne la forme. « Il est stupide de croire qu'un trait nous isole de l'espace dans lequel nous évoluons ». Vinci avec son sfumato ne disait pas autre chose. Si la série des cercles affiche la séduction de sa perfection géométrique et du grand format, celle des "informels", plus mystérieuse, plus sculpturale aussi, n'en a pas moins beaucoup de charme. Il y a du minéral en elle. « On dirait des galets », reconnait Benoît Decque, qui se confronte à chaque fois à la question de la pertinence de la forme produite. « Un peu comme les chasseurs de galets en Orient. Ils parcourent les plages, et en choisissent un parmi des milliers. Pourquoi celui-là et pas un autre ? »
Serge Hartmann Jusqu'au 20 décembre, chez Insight, 10 rue Thomann, du mercredi au samedi, 15 h à 19 h.
Benoît Decque. Photo DNA - Bernard Meyer.
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Dna - Eva Linder - 23 novembre 2008
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DNA 7 novembre 2008 - Eva Linder - Parce que l'été reviendra
Entre paysage intérieur et ligne d'horizon, Eva Linder pratique une peinture du silence et de la contemplation. Et nous rappelle, chez Insight, que L'Été reviendra. L'affirmation est celle de l'espoir. L'Été reviendra, et tout ira alors beaucoup mieux en ce bas monde. Ou dans les têtes. L'artiste strasbourgeoise poursuit un itinéraire artistique où univers formel en épure et émotions intimes sont étroitement liés. En petit ou grand format, la toile reste pour elle cette surface sur laquelle s'étale une couleur dominante - rouge éclatant, jaune lumineux, vert foncé tirant vers le brun... - de laquelle Eva Linder fera émerger un motif, un sujet, une forme qui accroche le regard.
Transparences et opacités
Il est beaucoup question d'espace, de profondeur, d'aspérité, dans ce travail indissociable de la notion du paysage. Que celui-ci soit réel ou purement mental importe peu. C'est l'effet produit sur le spectateur qu'Eva Linder privilégie : « Amener un calme, une sérénité propre à la peinture.... », dit-elle. Tout se joue dans les transparences et opacités de la matière, dans les glacis où le regard cherche les subtilités de tons, leurs accords et dissonances - autant de tableaux dans le tableau... Un univers tout en subtilité, qui demande du temps, ne se livre pas immédiatement même s'il paraît impossible d'y échapper, à la façon des peintures de Rothko ou de Soulages qu'Eva Linder cite au hasard de la conversation. Il y a là, sur la toile, de toute évidence, une charge spirituelle qui après avoir nourri sa façon de peindre peut également ricocher dans le regard du spectateur. En toute hypothèse, « apporter peut-être du bonheur », risque-t-elle. Le bonheur fugace, léger mais toujours rassurant, d'un été qui revient, dissipe brumes et brouillards pour, ici, faire éclater une palette attachante sans être racoleuse - étonnamment juste, parce qu'Eva est une coloriste inspirée. Lumière ? Oui, et qui convoque de façon subliminale certains paysages de Nicolas de Staël, qu'on imagine écrasés de soleil. Mais aussi, aux antipodes, ce clair-obscur qui, sur l'un ou l'autre petit format, fait écho à la tradition de la nature morte flamande, à sa délicatesse - quelque chose du chuchotement, de l'intime. Parce que là encore l'été saura revenir.
Serge Hartmann Jusqu'au 23 novembre chez Insight, 10, rue Thomann à Strasbourg. Du mercredi au dimanche, de 15 h à 19 h. L'artiste est présente les 9, 16 et 23 novembre de 15 h à 19 h. Finissage le 23 à 18 h. www.espace-insight.org
Eva Linder chez Insight. (Photo DNA - Bernard Meyer)
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DNA 10 octobre 2008 - Ideo in sight #4 : « Les illusions nécessaires »
« Ideo » est un collectif de vidéastes strasbourgeois fondé par Olivier Lelong et Christian Nicolas, dont l'objectif est de sensibiliser le grand public à l'art vidéo. L'association s'occupe aussi de promouvoir des artistes vidéastes en développement. C'est dans ce cadre là que « La Brigade des images » (Romainville, 93), et son fondateur Laurent Quénéhen, présenteront une sélection d'oeuvres vidéo (http ://www.brigadedesimages.com) à l'Espace Insight, 10 rue Thomann à Strasbourg. On pourra découvrir les travaux de 16 jeunes artistes du monde entier - qui se reconnaissent dans l'oeuvre de l'écrivain américain Avram Noam Chomsky. La programmation vidéo, intitulée « Les illusions nécessaires », est axée sur « la thématique des médias et de leur fonctionnement ». Cette thématique a pour point de départ le livre du sociologue américain. La programmation de soixante-trois minutes débouchera sur un échange et un débat avec le public.
Jeudi 16 octobre. Dès 20h, entrée libre. Renseignements : Christian Nicolas, r8tt19@hotmail.com et Tél: 06 15 45 99 19. Site internet : www.espace-insight.org
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DNA 17 septembre 2008 - Brutal et tragique
De retour d'une résidence en Pologne, il disperse entre Strasbourg et Colmar d'anciens et nouveaux travaux : Mathieu Boisadan projette les images lisses d'aujourd'hui dans une vérité brutale et tragique. Une peinture hachée, aux noirs et blancs travaillés à la brosse, nourrie aux images électroniques que déversent jusqu'à plus soif nos sociétés hypermédiatisées. Mais il arrive aussi que Mathieu Boisadan aille faire son petit marché ailleurs. Et repère à la dernière biennale de Venise une vidéo qui met en scène une inquiétante chevauchée d'hommes masqués dont il se réapproprie, sur la toile, la fantomatique vision. Il pourra aussi être touché par un adolescent allongé dans la pénombre que l'artiste hollandaise Desiree Dolron photographie tel un gisant, dans une esthétique glacée. « Que raconte une image ? Quelle est son intensité ? Et surtout comment la peinture peut-elle lui apporter une nouvelle vie ? », s'interroge l'artiste, dans son atelier du Bastion 14, posé en lisière de la ville. C'est dans les réponses qu'il trouve à ces questions que se construit un travail articulé au réel, - à un monde dont l'artiste dénonce le caractère factice, la vulgarité, et surtout la violence, comme désincarnée parce que banalisée par le grand spectacle médiatique. Par la tension qui naît sous son pinceau, par les couches et traces généreuses qu'il jette sur la toile, entre loi du hasard et folle précision, avec pour seules armes les contrastes du noir et blanc, Boisadan redonne de la matière à ces corps, à ces visages qui échappent enfin au lisse de l'image électronique ou du papier imprimé. Entre fragilité et tragique, émerge ainsi l'humain. D'une résidence d'un mois à Katowice, organisée par l'association Polart, il a ramené « l'expérience d'un autre lieu, d'autres conditions de travail, de rencontres inattendues... » Et bien sûr quelques toiles, visibles à l'Espace Insight à Strasbourg. Ce que raconte un documentaire vidéo réalisé sur place par le réalisateur strasbourgeois David Thiriet, Retour de résidence : « Une captation en retrait, sans voix off, une tentative de saisir et montrer le désir de peindre de Mathieu », résume David Thiriet - le film sera projeté à l'Hôtel du Département (le 18 septembre à 19 h). Outre Insight, la galerie des Petits Moutons à l'Abreuvoir présente plusieurs de ses travaux (jusqu'au 13 septembre). Tout comme le cloître de la Bibliothèque municipale de Colmar (jusqu'au 25 septembre) et l'Espace Lézard (du 19 septembre au 18 octobre). Fragmentation d'espaces, donc, pour une peinture à l'aise dans le grand format, propice au geste large. Et une palette toujours réduite au noir et au blanc. « La couleur ? J'aurais trop l'impression d'être dans la séduction. » Une question d'éthique.
Serge Hartmann www.boisadan.org
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DNA 6 septembre 2008 - Opening Night
Opening night
Les structures strasbourgeoises du réseau Trans Rhein Art inaugurent Opening Night, une manifestation nocturne conçue comme un temps de rencontres conviviales. Apollonia accueille le CRAC Alsace et les travaux de Su-Mei Tse et Virginie Yassef. Le CEAAC annonce un concert du groupe Suboko, la Chambre organise le vernissage de l'expo de Denis Baudier, la Galerie 24 celui de la revue CUT. La Chaufferie, qui a toujours Edmund Kuppel à l'affiche, ajoute les vidéos de Jérémy Laffont. Polart s'installe chez Insight avec David Thiriet et Mathieu Boisadan. On retrouve ce dernier aux Petits Moutons à l'Abreuvoir, avec un concert d'Inkubator Minimal Mix. Vernissage de l'expo d'Alain Kaiser chez Stimultania et programme dense (film de Céline Bossu, carte blanche de Julie Vayssiere...) au Syndicat Potentiel, qu'on retrouve au Conseil Général (spectacle de danse butoh de Dominique Starck). Et casting vidéo prestigieux, enfin, à la Maison de l'Image : Robert Cahen, Bill Viola, Gary Hill, Sophie Calle...
www.artenalsace.org
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DNA 11 juin 2008 - Le « street-art » de la CUS
Le « street-art » de la CUS
Le logo de la CUS revisité pour l'expo « Cus'Tom » à la galerie Insight. (Photo DNA - Bernard Meyer) La plupart du temps cachés, 27 artistes de street-art sont réunis durant le festival Contre-temps à l'espace Insight, 10 rue Thomann, autour du même support : le logo triangulaire de la CUS, personnalisé à souhait. Ils s'approprient aussi les murs. Collages, pochoirs, bombe, peinture... Les supports du street-art sont infinis, les styles des artistes des plus variés. Et chaque soir de 18 h à 20 h à l'angle de la rue Thomann et de la rue du Noyer, les graffeurs suscitent l'attention des passants. Assis à même le sol ou profitant de la terrasse du Rocher du sapin, ils apprécient les sons électro-groove venant de l'espace Insight, tout en admirant la performance des artistes sur un pan de mur consacré (*). « C'est super impressionnant, concèdent Hortense, 17 ans, et Cynthia, 18 ans, élèves en arts appliqués. A partir d'un détail, ils arrivent à voir la globalité de ce qu'ils veulent faire, c'est dingue. » Nombreux sont aussi les passants à ne faire qu'un stop, l'oeil attiré par l'événement : « Je suis pressée et pourtant je m'arrête, c'est la preuve que c'est réussi ! », s'amuse ainsi Brigitte, 49 ans.
Objectif : rencontrer le grand public A l'initiative de l'association Démocratie créative, 27 graffeurs, illustrateurs, ou artistes-peintres montrent ainsi jusqu'à samedi leurs talents souvent cachés, ou inconnus du grand public, passant de leur premier support, les murs de la Communauté urbaine de Strasbourg, à une réinterprétation de son logo triangulaire, sur toile cette fois. « C'est un petit clin d'oeil aux institutionnels, pour leur montrer notre démarche artistique », confie le président de l'association, Florian Rivière. Qui espère bien ainsi pouvoir nouer d'autres partenariats avec la Ville, « pour disposer de quelques vitrines nous permettant de partager notre savoir-faire avec le public ». Les plus observateurs auront déjà repéré les dessins de cartons sur différents murs de la ville, les stickers en forme de slips ou le « wild style » du graffeur strasbourgeois Wise. Dans l'espace Insight, tous les styles sont représentés, du plus loufoque Antistatik qui a imaginé le logo de la CUS en plusieurs volumes, au plus pointu DAN 23, peintre, illustrateur et graphiste travaillant sur multi-supports. Chaque toile est à vendre entre 40 € et 600 €. Pour Démocratie créative, invitée par le Festival Contre-temps, l'expérience est en tout cas déjà positive : entre 150 et 200 personnes défilent chaque jour à l'Espace Insight.
Barbara Romero (*) Chaque soir, les vidéos des performances sont sur le site http ://custom.expo.fr Jusqu'au 14 juin inclus. Expo Cus'tom, à l'espace Insight, 10 rue Thomann à Strasbourg. De 15 h à 20 h, performance avec DJ de 18 h à 20 h à l'extérieur.
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TV Campus - Jaek el Diablo - 8 juin 2008
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TV campus - Expo CUS-TOM 6 juin 2008
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DNA 4 juin 2008 - Contre temps 5 - Au programme du festival
L'ouverture du festival Contre-temps ce jeudi 5 juin à 22 h ira du hip-hop à l'électro-booty nu school, au Rafiot, 30 quai des Bateliers, avec carte blanche au magazine Clark, spécialiste des cultures urbaines (entrée : 5 €). Autre temps fort du festival, la venue de Ty from London, « l'un des meilleurs bands hip-hop de la planète, sachant conjuguer groove et paroles qui font mouche ». A la Salamandre, 3 rue Paul-Janet, à partir de 22 h vendredi 6 juin (entrée : 12 € en prévente, 15 € sur place). Le New-Yorkais spécialiste de Deep house Kerri Chandler devrait aussi faire vibrer le Living-Room, 11 rue des Balayeurs, le jeudi 12 juin à partir de 23 h (entrée libre, capacité limitée). Ambiance des plus pures soirées berlinoises garantie pour terminer le festival en beauté le samedi 14 juin à Art Factory, 28 rue du Maréchal-Lefebre à la Meinau (tram A et E, arrêt Couffignal) à partir de 22 h, sur les sons notamment du trio Jahcoozi, mêlant « électro et hip-hop relevés de ragga et de punk ». Entrée 10 € en prévente, 12 € sur place. Du 6 au 15 juin. Contre-Temps et l'Association des urbanistes d'Alsace s'associent pour réfléchir à la place des arts urbains et leur fonction dans la ville. Une expo « RE-GNR8 », ou l'occasion « de penser la ville comme un vêtement, une cuirasse, un lieu d'échanges », à découvrir au CAUE (Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement), 5 rue Hannong, de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 16 h 30 en semaine, de 11 h à 18 h le week-end. Entrée libre. Le vendredi 6 juin : table ronde autour de l'espace urbain, de sa conception à son appropriation. Du 6 au 14 juin. Expo « CUS'tom », créations urbaines de Strasbourg. A l'espace Insight, 10 rue Thomann, 27 artistes de l'association Démocratie créative exposeront des « créations urbaines de Strasbourg, dont la mission sera de personnaliser un support commun, à savoir le logo triangulaire de la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS) ». Artistes, graffeurs, illustrateurs, feront ainsi découvrir le Street-art tous les jours de 15 h à 20 h. Live painting et DJ chaque soir à partir de 18 h. Entrée libre. Samedi 7 juin. Jam session au skate park de la Rotonde, avec démo de skate, BMX, roller et live DJ de 18 h à 22 h. Mardi 10 juin. Parcours « cinélectrogroove » au cinéma Star à partir de 20 h 30. Chaque salle du ciné de la rue du Jeu-des-Enfants sera consacrée à des ambiances différentes entre 20 h 30 et 0 h 30. A 20 h 30, projection du documentaire Retour à Gorée de Pierre-Yves Borgeaud, suivi de 22 h 30 à 0 h 30 d'un « split mix », entre cinemix live, sélection de courts métrages vidéo qui jazzent, funkent ou rapent ! A 0 h 30, projection de Block party de Michel Gondry. Entrée : 10 € pour la soirée.
B. R.
Le Strasbourgeois Tal Steph l'an dernier lors du festival Contre-Temps à la Laiterie. (Photo archives DNA)
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DNA 31 mai 2008 - Contre-temps 5 - Visions electro
La cinquième édition du festival Contre-temps retentira de conjugaisons electro-groove et hip hop inédites pour mettre la ville au rythme des expressions urbaines.
Depuis cinq ans, Contre-temps distille un esprit un peu à part dans le paysage des festivals alsaciens. Au-delà de sa programmation pointue et exigeante, la manifestation a en effet la particularité de proposer des croisements artistiques bienvenus. A l'écoute des arts visuels, le festival, programmé par l'association Dodekazz avec le concours de lieux divers (la Maison de l'architecture, l'Espace Insight, Art factory, le cinéma Star...), met en place quelques expositions, performances, projections à découvrir en complément des concerts et des mixes. A forte connotation électro-groove, cette programmation devrait ravir les amateurs de beats alambiqués, de grosse chaleur dance-floor et de culture club. A côtés des électroniciens confirmés Kerry Chandler, Ben Mono, DJ DSL, Florian Keller, on recommande fortement la prestation de Ty, magnifique représentant de la scène spoken-word britannique dont l'univers explore un vaste potentiel sonore (06/06 à la Salamandre). Immanquable également l'électro de Marc Mac - moitié du duo 4hero qui connut son heure de gloire il y a quinze ans -, incendiaire en live (13/06 à Art factory - Colodor). Tout comme le ragga punk des berlinois de Jahcoozi. Côté français, on aura l'embarras du choix : rêver en écoutant la soul délicieuse de Sandra Nkake, collaboratrice de Melvin Van Peebles, Julien Lourau... (12 / 06 à la Salamandre), se laisser gagner par les ambiances soyeuses de Onra (11 / 06 au Café des anges) ou encore foncer écouter en live les rappeurs de Rouge à lèvres (07 / 06, salle Molodoi). A noter également les apéro-mix en terrasse (à partir de 18 h au Rafiot), des expositions (Re-GNR8, expo collective Cus'Tom, Second lives), le parcours "cinelectrogroove" - entre projections de long métrages, Block party notamment, de courts-métrages et mixes dans plusieurs salles du cinéma Star, rue du Jeu-des-enfants (10 / 06) et les pelouses électroniques au jardin des deux rives (le 15 / 06 de 14 h à 22 h, gratuit) avec musique live. Un programme éclaté et éclatant pour un festival à taille humaine.
J.I. Du 5 au 15 juin à Strasbourg en différents lieux de la ville. 06 22 80 84 67 et www.contre-temps.net
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Polystyle - Contre-temps#5 - Démocratie Créative - mai 2008
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DNA 10 javier 2008 - Hors-champs photographies, Baptiste Cogitore
Les photographies de Baptiste Cogitore sont l'illustration de qualité, de « Guerre sans visage », pièce de théâtre écrite et mise en scène par Claire Audhuy retraçant les années de la guerre 1914-1918, laquelle sera reprise le 19 janvier dans la salle de la Bourse. Cette réflexion artistique pour entretenir les mémoires vivantes est matérialisée par cette exposition Hors-champs où des ruines reconstituées témoignent de ces moments horribles dont peu peuvent encore parler. Toutes les guerres se ressemblent et la dernière exposition du plasticien allemand Anselm Kiefer dans le Grand Palais à Paris traitait de celle de 1939-1945, de semblable manière. Quand la paix revient, on oublierait vite et les artistes se chargent de ranimer les mémoires défaillantes. Baptiste Cogitore est donc allé photographier le chemin des Dames où le blé se lève, l'Argonne où aujourd'hui les champs sont labourés, Verdun au printemps, le Vieil Armand où les roseaux poussent au bord de l'étang. Ici, l'air est pur et là, vers le chemin des Dames, le brouillard occulte ces lieux où les jeunesses furent fauchées. Le sujet délicat est traité de manière à ce que « les paysages déterrent leur histoire » sans rancoeur. « Il n'y avait plus de paysages, juste des ruines, plus de peuples, juste des corps, plus d'ennemis, juste des hommes ». La nature maternelle et douce a repris ses droits, mais les hommes doivent se souvenir.
Julie Carpentier Espace In-Sight, 10 rue Thomann, du 2 au 12 janvier, du mercredi au samedi, de 15 h à 19 h (entrée libre) ; Tél: 03 88 21 05 18 ; fax 03 88 21 07 52 ; www.espace-insight.org ; contact@espace-insight.org
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Mitchy Bwoy - février 2007
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DNA 3 novembre 2007 - Hors champs
Baptiste Cogitore a photographié des champs de bataille de la Première Guerre mondiale. Dans ses clichés, toutes traces tangibles du conflit ont disparu.
La crête du chemin des Dames au nord de Reims, les environs de Verdun. Le Vieil Armand, près de Guebwiller, le Linge, sur les hauteurs d'Orbey, le plateau des Épargnes, dans la Meuse. Ces noms sont familiers, y sont accrochés une succession d'images noir et blanc, tranchées enfumées, corps déchirés, arbres calcinés, cratères creusés par les obus. L'enfer de la Der des ders. Baptiste Cogitore, originaire de Lapoutroie, n'a que vingt ans mais se pose déjà depuis longtemps la question de la représentation des lieux de mémoire. Étudiant en lettres modernes, passionné par l'Histoire, il prépare le concours de Normale sup'. « La représentation du lieu de mémoire m'intéresse. Je me suis posé la même question pour les camps de concentration; j'avais pris les visiteurs de Buchenwald en photo, mais la série n'était pas aboutie, raconte-t-il. Je pose en fait une question naïve, comment fait-on aujourd'hui pour se souvenir ? » Pour Hors champs, il a choisi le médium de l'image, ça aurait pu être l'écrit. « J'ai pris des clichés neutres, sans recherche esthétique, sans retouches, ce n'est pas mon métier », s'excuse-t-il presque. Ses photos sont les champs de bataille d'hier, redevenus terres agricoles aujourd'hui. Des vues dénuées de présence humaine. Les lieux d'affrontements sont par endroits marqués, maintenus en l'état et à dessein. Baptiste Cogitore a orienté son objectif de façon à ce que ne transparaissent pas ces traces visibles du conflit, cratères, tranchées, mémoriaux. L'étudiant invite à une reconstitution mentale des paysages. La seule indication toponymique se trouve dans la légende de la photo. Une piste dont il faut se saisir pour aller plus avant. Il ne s'agit pas pour autant de faire l'économie des lieux de mémoires officiels, nécessaires parce que l'on peut s'y projeter plus facilement. Baptiste Cogitore propose simplement un regard de côté.
M. A.-S. Du 7 au 23 novembre au Centre mondial de la Paix de Verdun, du 12 au 22 décembre et du 2 au 12 janvier au Collectif Insight de Strasbourg, le 19 janvier à la salle de la Bourse à Strasbourg.
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Repères - Kristina Kahlo - novembre 2007
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DNA 9 septembre 2007 - Gaëlle Lucas, retour de Lodz
Gaëlle Lucas expose ses dernières oeuvres à l'Espace Insight jusqu'au 21 septembre. Née à Enghien-les-Bains, ancienne des Arts déco de Strasbourg, Gaëlle Lucas expose les travaux qu'elle a réalisés durant les trois mois passés en Résidence à Lodz en Pologne, grâce à une bourse octroyée par le Club de la Ville de Strasbourg, grâce à l'Association Polart organisatrice depuis dix ans de ce type de séjours artistiques, grâce à la Ville de Lodz qui lui offrit un atelier. Partir seule, sans connaître un mot de polonais, mérite qu'on relève le courage de la plasticienne. La diversité des travaux montre que sa solitude fut fructueuse et se présente comme une sorte d'autofiction, journal de rencontres entre elle, l'autre, elle-même et ses souvenirs. L'image devient écriture pour « Neige » au fin maillage de bulles roses et à l'aquarelle. Tandis qu'elle dessinait sur papier à la gouache, aux crayons de couleur, etc., elle a vu sa voisine, jardinière originale, qui collectionne dans son jardin des statuettes kitsch : cheval, escargot, champignons et les déplace dans son jardin chaque semaine. Ce rite obsessionnel a inspiré à Gaëlle Lucas une vidéo dans laquelle elle apparaît à mi-corps foulant, nouvelle Alice, ce jardin des merveilles. Les photos en impression numérique dévoilent encore ses jambes, mais nues sur fond neutre ou floral. Quant au grand format où elle s'est photographiée nue, lovée, dans sa valise, il symbolise sans doute son arrivée en terre inconnue. Au retour, sa valise pleine, elle présente aux cimaises ou sur écran, les images qui permettent de suivre son voyage initiatique en Pologne.
Julie Carpentier Espace Insight, 10 rue Thomann, du jeudi au dimanche de 14 h à 19 h jusqu'au 21 septembre ; Tél: 03 88 21 05 18 .
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DNA 5 juillet 2007 - Le pendule et le pinceau
Le Haguenovien Christian Reisacher est magnétiseur, adepte du tantra yoga, admirateur du bouddhisme thaï. Peintre depuis peu, il expose actuellement ses toiles à l'Espace Insight à Strasbourg. Cela fait à peine un an que Christian Reisacher, 45 ans, a saisi pour la première fois un pinceau. Une exposition lui est pourtant déjà dédiée à Strasbourg. Mais c'est dans son fief de Haguenau que l'artiste travaille sans relâche. Aménagé depuis peu, son atelier parle pour lui. Des bougies odorantes, des pierres précieuses, des bols tibétains trônent sur les meubles. Il s'en montre fier : certains visiteurs apprécient cet espace en le comparant à un appartement de fille. Christian Reisacher se dit transformé depuis qu'il a reconnu en lui sa « part féminine ».
« Les gens qui vont s'approcher d'une toile ressentiront de l'énergie »
Pourtant, l'homme est robuste, presque imposant. Les petites figurines de Bouddha dispersées ça et là reflètent d'ailleurs étonnamment l'attitude de l'artiste : une présence ventripotente, des bajoues généreuses, mais une sage attitude devenue presque naturelle, les jambes repliées. Christian Reisacher suit des stages de yoga, sophrologie et biosynergie, fondée sur la relaxation, depuis 1994. Des problèmes de santé et une quête du bien-être l'y ont conduit. Depuis, il se passionne pour l'énergie. A travers ses lectures, du Dictionnaire des symboles au Tantra Yoga, il cherche à s'échapper du « système ». La peinture lui est apparue comme un nouvel interstice pour en sortir. Le féminin y apparaît comme un thème récurrent - que ce soit la terre nourricière, ou la femme elle-même -, mais beaucoup de ses toiles sont explosions de couleurs. « Les gens qui vont s'approcher d'une toile ressentiront de l'énergie, un peu comme l'homéopathie qui rayonne à certains endroits de l'organisme », explique-t-il. Certains le trouvent talentueux, d'autres fou. Christian Reisacher raconte ainsi qu'il est allé à plusieurs expositions - lui qui n'était jamais entré dans un musée - muni de son pendule, pour « mesurer l'énergie » qui jaillit des tableaux. Qu'il peigne ou qu'il soigne, il répète souvent qu'il « suit son instinct ». L'artiste oppose de manière presque obsessionnelle la « tête » et le « coeur » - lieu de l'intuition, de la sensibilité. Ainsi, lorsque des visiteurs qualifient certains de ses tableaux d'obscènes ou de pornographiques, le peintre répond que « les gens s'enferment dans des schémas de pensée, sans faire appel à leur ressenti ». Le Haguenovien cite Saint-Exupéry pour parler de l'essentiel, le bonheur, dénonce une société patriarcale, parle de sa foi dans le magnétisme pour la thérapie des blessures. Un de ses amis, Claude Casterot, qui a longtemps pratiqué le rugby et travaillé avec lui, le décrit comme « quelqu'un de tourmenté », qui a peut-être trouvé une « façon de se soigner » dans la peinture. Désormais, à côté du pendule du magnétiseur, prend place le pinceau de l'artiste.
Marilyne Chaumont Jusqu'au 14 juillet. « Passionnessence », exposition des oeuvres de Christian Reisacher. Du mercredi au samedi de 15 h à 19 h à l'Espace Insight, 10 rue Thomann à Strasbourg. Entrée libre.
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Polystyrene 109 - juin 2007
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Repères - Mitchy Boy - juin 2007
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Poly 108 - mai 2007
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DNA - 19 mai 2007 - Réminiscences de l'enfance
Le collectif Pêle-Mêle explore le monde de l'enfance à l'Espace Insight, à Strasbourg, jusqu'au 2 juin. Réminiscences croisées, tendres et parfois cruelles de 21 créateurs. Qui n'a jamais rêvé d'un collier de pâtes ? Ou d'une parure de porte-bougie enfilés comme un chapelet de petits cailloux blancs semés sur le chemin de l'existence ? Qu'ils soient créateurs de bijoux, comme Christophe Marguier, plasticiens, designers ou illustrateurs, les jeunes talents de Pêle-Mêle introspectent notre imaginaire collectif. En surgit une myriade d'univers très personnels, à la fois poétiques et tendres. A la fois cruels et ironiques, quand ils ne viennent pas, tout simplement, interroger cette part de nous-mêmes. Photographies grands formats -regards figés de porcelaine signés Myriam Commot, ou Albator comme dans nos souvenirs, «flouté» mais géant ! par Alexis Delon-, chapeaux à oreilles, petits sacs colorés, gravures rigolotes, mobilier et illustrations composent ce paysage bucolique tout droit tiré du pays de Candie. A découvrir en famille, « pour sensibiliser les enfants à d'autres formes », ouvre Laurence Di Costenzo. Quelle bonne idée ! P.R. Jusqu'au 2 juin à l'Espace Insight, de 10 h à 18 h, 10 rue Thomann à Strasbourg. Puis à Ste-Croix-aux-Mines, à la Villa Burrus, du 6 au 13 juin et à Brumath, à l'Escalier, les 16 et 17 juin.
Photo DNA - Bernard Meyer.
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Dna - Dazzi - 14 novembre 2007
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Dna - Antoine Cicero - août 2007
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Dna - Mitchy Bwoy - 22 juin 2007
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Dna - Mitchy Bwoy - 21 juin 2007
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Repères - Pêle-mêle - mai 2007
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Polystyle - Pêle-mêle
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Polystyle 13 - printemps été 2007
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Calendart12 - printemps 2007
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DNA 25 avril 2007 - Teemu Kassila, peintre finlandais
Chaque peinture de Teemu Kassila, né à Helsinki en 1952, est un lieu de rencontres. Après une première exposition collective dans la capitale finlandaise en 1972, il cessa d'exposer puis, en 1988, il présenta ses oeuvres individuellement et eut grand succès, tant auprès du public que du milieu artistique. Ses études dans le domaine de la santé, ses connaissances des cultures premières des Navajos, des pratiques chamaniques du Pérou, des aborigènes d'Australie l'avaient inspiré. Ouvert à tous les courants, il créa une fondation « Salus found » et comme le titre d'une de ses conférences, il nourrit son oeuvre aux « Four winds ». Il propose dans chaque tableau une promenade semi-abstraite à travers des espaces imbriqués. Il informe et désoriente par glissements, flottements où foisonnent des signes empruntés à l'écriture, au dessin enfantin, au graffiti. Pour la « Théorie du chaos » la composition est afocale, elle devient rationnelle quand deux pyramides gardent « Un secret ». Voyageur, mais affectivement ancré dans sa Finlande, Teemu Kassila évoque « Le sommeil hivernal », le « Retour du printemps » et l'« Ours polaire Milou ». Ces oeuvres chargées d'énergie invitent au voyage intérieur. La fondation de ce peintre thérapeute comporte un « Centre de renouveau Salus » où par l'exercice, le plein air, la médecine chinoise, on aide les gens à se renouveler. Cette série d'images positives réalisées de 1981 à 2006 y contribuera sans doute.
Julie Carpentier Espace Insight, 10 rue Thomann, du mercredi au samedi de 15 h à 19 h jusqu'au 5 mai ; tél. 03 88 21 05 18 ; fax : 03 88 21 07 52 ; www.espace-insight.org ; contact@espace-insight.org
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Regioartline - Teemu Kassila - avril 2007
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DNA - 20 mars 2007 - Matins masculins de Thierry Deveyre
Thierry Deveyre est un photographe actif qui réalise une dizaine d'expositions par an, tant à Colmar, Strasbourg, Sélestat, Saint-Quirin, Mulhouse qu'à Kehl où il réside. Ici, il a choisi de raconter par des photographies en noir et blanc l'histoire quotidienne et matinale que vit un homme seul dans son cadre intime. Il se réveille, se lève, et c'est par un éclairage luministe que l'instant où le pied se pose est suspendu. Le cadrage des pieds dans les babouches ou sous la douche est humoristique. Quand il se savonne le buste, la publicité ne renierait pas l'image et le photographe combine courbes, volumes et ombres de façon habile. Le rituel continue avec le rasage, la chevelure que, mal réveillé, il essaie de dompter. L'ambiance est rendue avec justesse par les éclairages forts ou tamisés mais l'objectif n'est plus centré sur le corps. L'homme procède à la seconde phase du rituel avec la table du petit déjeuner. La lumière sur les différents matériaux transforme ce banal quotidien en nature morte entre brillance, matité et reflets. Le jour se lève, la lumière, encore, assure la transition entre l'intérieur familier et l'extérieur qu'il va falloir affronter. Trois modèles ont joué ce lever et la dernière séquence les montre habillés la clef dans la serrure. Le mot séquence n'est pas injustifié car le réalisme cinématographique n'est pas loin dans cette série de photographies de bonne facture.
Julie Carpentier Espace Insight, 10 rue Thomann, du mercredi au samedi de 15 h à 19 h, jusqu'au 7 avril ; tél. : 03 88 21 05 18 ; fax : 03 88 21 07 52 ; www.espace-insight.org ; contact@espace-insight.org
Prêt à affronter l'extérieur. (Photo Thierry Deveyre)
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Poly 106 - mars 2007
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Poly 103 - décembre 2006
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Reflets novembre 2006 - Christina Khalo -
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DNA 28 octobre 2006 - Noviembre dos
Elle est la nièce de Frida Kahlo. Mais a préféré la photographie à la peinture. Cristina Kahlo présente ici un travail réalisé les 2 novembre 2004 et 2005, à la nuit tombante, à Tetelpan, ville proche de Mexico. Un temps de fête au Mexique, durant lequel les enfants viennent, déguisés, frapper aux portes des habitations pour y quémander des friandises. On leur remet alors, le plus souvent, des têtes de mort en sucre - la fameuse calaverita. Ce qu'ignoraient ces gosses en se rendant à l'atelier El Barrio de Cristina Kahlo, c'est qu'ils allaient y devenir les modèles de la photographe. Avec Noviembre dos, titre de la série, apparaît un regard étrange sur l'enfance, qui parodie la mort et s'en approprie les attributs. Le travail du portrait s'y livre en une image pleine de gravité. De touchante humanité. S.H. Jusqu'au 11 novembre, à l'Espace Insight, 10 rue Thomann à Strasbourg. Du jeudi au dimanche, 15 h à 20 h.
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Repères - Marc Puech - 9 octobre 2006
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20minutes - Christian Santoro - 4 octobre 2006
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DNA 11 mars 2006 - Echos
 Cinéma chinois. Le cinéma chinois est mis, en partenariat avec la ville de Colmar, en vedette au Colisée qui reprend partiellement la programmation établie le mois dernier par l'Odyssée de Strasbourg : avec Les Grands pieds de Yang Yazhou, Juge Maman de Mu Deyuan, Téléphone mobile de Fang Xiagang, Certificat de mariage de Huang Jianxin et Héros du ciel et de la terre de He Ping - pourquoi d'ailleurs, de cette intéressante sélection, avoir écarté les deux chefs d'oeuvre que sont The World de Jia Zhang-Ke et Printemps dans une petite ville de Tian Zhuangzhuang ? Quoiqu'il en soit, la bonne nouvelle est que ces projections (20h) sont gratuites - il suffit de retirer les places lors des heures d'ouverture du cinéma. Semaine du cerveau. Dans le cadre de la Semaine Internationale du Cerveau, qui a lieu du 13 au 19 mars, le cinéma Bel Air de Mulhouse organise une projection-débat autour du Memento de Christophe Nolan, le 15 mars à 20 h. Le débat sera animé par le docteur Jean-Christophe Cassel. Entrée libre. Insight. Le collectif Insight en partenariat avec Video Les Beaux Jours expose, du 18 mars au 2 avril, une installation vidéo de Clément Cogitore, Territoires en transit. Par ailleurs, une carte blanche sera laissée à Cogitore le 22 mars (20 h) au Musée d'Art Moderne et Contemporain, avec notamment la projection du moyen-métrage Chroniques. Exposition à l'Espace Insight, 10 rue Thomann à Strasbourg. Ouvert du jeudi au dimanche de 15 à 19 h.
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DNA 19 avril 2006 - Emilie Marçot en son corps
Le corps. Le sien, celui des autres. Emilie Marçot investit l'Espace Insight à Strasbourg. Sans complexe, ni tabou. En novembre dernier, le public de St'art avait pu la découvrir lors d'une performance où elle se peignait nue, à l'aide d'un miroir, sur un format immense. Une action qui résumait la façon dont la jeune artiste strasbourgeoise envisage la peinture : un engagement physique inscrit en dehors de tout sentiment de culpabilité, de pudeur. Que répercute encore la "carte blanche" qu'Insight lui consacre actuellement. Agée de 27 ans, originaire de Franche-Comté, Emilie Marçot est sortie de la fac d'Arts plastiques de Strasbourg en 2002. De sa trajectoire somme toute encore assez brève, elle nous livre les différentes étapes, pourtant déjà bien denses. Le corps en constitue la pierre angulaire. Depuis l'autoportrait, auquel Emilie se confronte d'abord par le dessin, jusqu'au nu, travaillé à l'acrylique, avec une séquence "zoom avant" sur certaines zones (très) intimes. Le corps, donc, mais aussi le sexe. Elle nous en parle dans une peinture qui se cherche encore un peu, mais qui revendique clairement sa liberté du regard - de montrer, d'interpréter. Certes, un sexe masculin peint comme un paysage chromo ou un objet spatial suscite tout au plus le sourire, à moins qu'il ne choque quelques âmes sensibles. En revanche, beaucoup de ses nus sont traversés par une vraie fraîcheur de la peinture, une énergie de la couleur et un érotisme qui fonctionne d'autant plus qu'il ne se positionne pas dans la provocation ostentatoire. Emilie est une jeune peintre à la volonté bien trempée. Que n'effraye pas la mise en danger - sa performance à St'art, celle qu'elle annonce prochainement, à Strasbourg, le démontrent bien. Elle devrait pouvoir nous étonner encore. Car sa peinture n'est jamais aussi convaincante que lorsqu'Emilie se laisse porter par la spontanéité de son rapport au modèle - son propre corps, ou celui d'un(e) autre. De cette vérité du regard émergent alors quelques belles pépites.
Serge Hartmann Jusqu'au 14 mai, à l'Espace Insight, 10 rue Thomann, à Strasbourg. Du jeudi au dimanche de 15 h à 19 h. Performance le 5 mai à 20 h 30 au hall des Chars, rue du Hohwald, dans le cadre de l'exposition Correspondances.
Emilie Marçot. (Photo DNA - Michel Frison)
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Polystyrene - Marc Puech - octobre 2006
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Poly 101 - octobre 2006
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Repères - Mitchy Boy - juin 2006
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Hebdoscope - Marc Puech - octobre 2006
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DNA 26 novembre 2005 - A l'affiche
C'est un autre volet du festival, avec une quinzaine de propositions à travers la Communauté Urbaine de Strasbourg. Pour les photographes, présentés par l'association Chambre à part, le collectif Insight et autres structures coproductrices, un souci : dire le monde. Une conviction : que tout est affaire d'écriture, de regard, de création, au sens le plus large. Et que contre le flux indifférencié des images de « direct », ils sont plus que jamais nécessaires. On ira découvrir, entre autres, « Cela commence par... Vieillesses de travailleurs immigrés », les très belles photos de Philippe Brault au centre socioculturel l'Albatros, « Harkis à vie » de Julien Chapsal à l'espace-galerie Insight, « Terrains de « Je(ux) » en Palestine » d'Anne Paq à la galerie Stimultania, « Retraite » d'Olivier de Sépibus et poème de Habib Tengour à la Chambre, ou encore « Jours intranquilles » de Bruno Boudjelal, toujours à Stimultania. Se procurer le programme pour éclairer son choix et tracer son itinéraire. Le périple des sciences autour de la Méditerranée. Un ambitieux voyage initié par Philippe Dumas, chercheur en biologie, dans l'histoire des sciences : un cycle de conférences et un spectacle, pour questionner nos identités d'hier et d'aujourd'hui et (re)découvrir un patrimoine commun.
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DNA 23 novembre 2005 - « Harkis à vie ? »
Dimanche 27 novembre. L'association Le Droit pour la Justice (DPJ) et l'AFALA (amitié franco-algérienne), invitent dimanche, 27 novembre, à 17 h, à l'Espace Insight (10, rue Thomann à Strasbourg) à une rencontre sur le thème « Harkis à vie ? Eléments de réponse... ». La rencontre débutera par la projection du film « Cette guerre au feu mal éteint » (52' co-produit par ANA Films et France 3) réalisé par le Strasbourgeois Jean-Marie Fawer. Guy Bénichou, avocat, Chantal Cutajar, présidente de DPJ, Jean-Marie Fawer, Mohamed Guerroumi, président de l'AFALA et le colonel Aziz Méliani participeront à un débat qui suivra la projection.
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DNA 13 janvier 2005 - Dans les neiges de Micheletti
La forêt et la neige en motifs épurés : après sa récente, et enthousiasmante, exposition au CEAAC, Gabriel Micheletti nous revient chez Insight, à Strasbourg. Son travail du dessin, nourri d'une émotion liée à la tempête de 1999 et au drame de Pourtalès, en 2001, avait donné lieu, l'automne dernier, à l'une des plus belles expositions du CEAAC montrées ces dernières années. L'artiste strasbourgeois y installait, sur le thème de la forêt, un univers d'une poétique gravité, où son sujet (les forêts couchées, debout...) se répandait littéralement dans l'espace.
Une musique calme et intime
Autre tonalité, moins graphique (encore que...) mais toujours inscrite dans ce rapport très fort au paysage qu'entretient l'artiste. Car c'est la peinture qu'il sollicite cette fois-ci, à l'invitation du collectif Insight. Neuf toiles, en quatre couleurs essentielles (blanc, noir, gris et bleu), posées en aplats, comme au pochoir, y définissent des formes et des fonds tranchés. On y devine, à la façon d'un négatif coloré, l'enchevêtrement des branches, les plaques de neige, une vérité du motif qui s'échappe aussi dans d'autres directions, « les reliefs d'Arp » observe Micheletti, mais encore l'imagerie scientifique ou l'urban art - ces découpes en légers effets de perspective, à la façon des tags... A cette série, toute récente, l'artiste a ajouté un superbe triptyque, passerelle entre son approche de la peinture et celle du dessin. Dans les encres de feutre, la forêt s'y donne d'une façon plus ample, plus dynamique aussi. L'ensemble est porté par une musique, calme et intime, d'Arvo Pärt : « Pour moi, la peinture est liée à une notion d'ambiance à laquelle la musique participe également. Elle est importante quand je crée. Elle l'est aussi dans la découverte de mon travail. »
Serge Hartmann Jusqu'au 6 février à l'Espace Insight, 10 rue Thomann, à Strasbourg. Du jeudi au dimanche de 15 h à 20 h. 03 88 21 05 18.
Gabriel Micheletti.(Photo DNA - Bernard Meyer)
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Reflets - CK Design School - 2 février 2005
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Polystyrene 83 - février 2005
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Repères - Metaspirit - février 2005
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Polystyrene - Metaspirit février 2005
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Polystyrene - février 2005
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Dna - gravé pour mémoire - avril 2005
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DNA 25 avril 2005 - Mémoire gravée
Trois maîtres de la gravure contemporaine, dont deux sont des rescapés de Dachau, traduisent l'horreur des camps nazis dans l'exposition « Gravé pour mémoire » jusqu'au 1er mai à Strasbourg. Le 29 avril, on commémorera les 60 ans de la libération du camp de concentration de Dachau. Johnny Friedlaender et Zoran Music, artistes juifs, y ont été internés. Igael Tumarkin, sculpteur et graveur israélien de renom, est né à Dresde en 1933, année de l'accession d'Hitler au pouvoir. Chacun à leur manière et avec des techniques différentes, ces hommes marqués par la période hitlérienne en révèlent, dans leurs estampes exposées à l'Espace Insight à Strasbourg, toute la barbarie. On en a la chair de poule. L'exposition est née de la rencontre entre un collectionneur privé et Arnaud Weber, responsable de l'Espace Insight, qui écrit par ailleurs une thèse sur Friedlaender. « Le collectif Insight (entreprise de communication, ndlr) n'a pas voulu faire de l'exposition un événement commémoratif pour les juifs. Il n'en a pas la légitimité. C'est l'intérêt artistique des gravures qui nous a intéressé », tient à préciser Arnaud Weber. En effet, la maîtrise technique parvient presque à égaler la puissance symbolique des gravures. Mais, dès que l'on pénètre dans l'expace clair de l'exposition, ce n'est pas la qualité des oeuvres que l'on évalue. C'est leur force qui nous submerge.
Regarder l'horreur en face
Ces formes sur le mur, aux contours flous, ce sont des hommes. Ceux que Zoran Music a dessinés en 1944 et 1945 quand il était interné à Dachau. Les esquisses ont ensuite servi de base à la série de gravures intitulée « Nous ne sommes pas les derniers ». La bouche entrouverte dans un dernier râle -celui qui va mettre un terme à la souffrance-, les agonisants ont les mains crispées, les yeux exorbités, les côtes qui percent leur torse décharné. Il ne sont plus que des squelettes qui attendent d'être happés par la mort. En face, les « Images du Malheur » de Friedlaender représentent des scènes quotidiennes de la vie de Dachau : la séparation à la descente du train, un enfant qui pleure parmi des cadavres, la pendaison d'un insoumis. Les estampes d'Igael Tumarkin sont différentes. Plus géométriques, elles ne font pas référence à Dachau (l'artiste n'a pas vécu dans le camp) mais à la montée de la barbarie hitlérienne que Tumarkin a gravée pour mémoire. A jamais contre l'oubli...
A. B. Espace Insight, 10 rue Thomann à Strasbourg. 03 88 21 05 18. Ouvert jusqu'au 1er mai, du jeudi au dimanche de 15h à 19h. Entrée libre. Lecture de poèmes vendredi 29 avril à 18h par Rafaël Goldwaser, du « Théâtre en l'air ».
Des estampes témoignent de la barbarie nazie à l'Espace Insight.(Photo DNA - Muriel Bortoluzzi)
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Repères - gravé pour mémoire - avril 2005
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DNA 17 juin 2005 - Le prix Cukiermann de Rafaël Goldwaser
Entre New York et Israël, où il séjournait ces temps-ci, le lauréat 2005 du prix Cukiermann savoure son bonheur : Rafaël Goldwaser a adopté Strasbourg il y a quinze ans. Le prix Cuikermann récompense des caractères qui s'investissent dans la défense et promotion du yiddish. Des chercheurs, traducteurs, linguistes ou artistes sont ainsi récompensés - une initiative des frères Cukierman (dont Roger, président du Conseil représentatif des institutions juives de France). Lauréat 2005 de ce prix, Rafaël Goldwaser fête ces jours prochains avec ses amis strasbourgeois (ce 20 juin à la Galerie Insight, 10 rue Thomann, à 18 h 30) une distinction qui lui est officiellement remise le 7 juillet à Paris. Et y voit la reconnaissance, en effet, d'un « engagement ». Un héritage, aussi - son père, émigré polonais, jouait au théâtre yiddish de Buenos Aires en Argentine.
Nos universités yiddish
Installé ensuite en Israël, Rafaël y resta 26 ans, tout en complétant sa formation théâtrale à Paris. Et c'est à Strasbourg qu'il choisit de vivre, après que des amis l'y eurent invité en 1990 pour une lecture de textes yiddish. Il y a créé le Théâtre en l'Air / der LufTeater, y monta des pièces de Sholem Aleykhem ou d'Isaac Bashevis Singer. Dans l'amitié d'Astrid Ruff, Isabelle Marx ou Doris Engel, encourageant ces dernières dans leurs propres aventures artistiques. Rafaël a plaidé la cause du yiddish au sein d'Universités d'été animées à Strasbourg ainsi qu'à Paris et Bruxelles. Car cette langue née dans la vallée du Rhin aux alentours du Xe siècle, et parlée dans une grande partie de l'Europe avant la Shoah, connaît un réel renouveau - Goldwaser, à 58 ans, est serein : « A New York, où j'ai donné deux monologues au Bronx et à Manhattan, à Los Angeles, dans un centre de culture juive : un public de gens âgés, mais aussi, de bien plus jeunes que moi ! Des immigrés de la troisième génération, qui grandissent dans le yiddish. » Et depuis son port d'attache alsacien, il défend la cause du yiddish dans le monde entier. Des cycles universitaires de yiddish réunissent à Vilnius des jeunes, juifs ou non-juifs, d'Italie, d'Allemagne, de Grande- Bretagne, de Pologne, de Moldavie ou d'Ukraine : « On écrit partout de nouveaux romans, de la poésie, des pièces de théâtre, des nouvelles. » En Israël, le yiddish a retrouvé place grâce aux cultures de l'immigration, ou palestinienne : « Je crois que la paix viendra par les artistes... » Toujours blessé par l'échec, à Strasbourg, d'un projet de Centre européen des cultures yiddish, il se réjouit d'autres avancées : un documentaire de France 3 Alsace sur le Théâtre en l'Air/ Der LufTeater a toutes les chances d'être traduit et présenté dans plusieurs festivals du film yiddish, en Amérique comme en Israël. Et en novembre prochain, à Strasbourg, il monte Yiddish en Pologne, autour d'un grand chantre de Cracovie assassiné par les nazis. Avec Isabelle Marx il a travaillé à une évocation par des enfants de l'école Lucie-Berger, ce dimanche dans le cadre de l'inauguration du Mémorial de l'Alsace-Moselle à Schirmeck, du destin tragique de Hana Brady - une écolière de Tchécoslovaquie morte à 13 ans à Auschwitz. Sa valise, envoyée en 2 000 au Musée de la Shoah de Tokyo, permit à Fumiko, sa directrice, de reconstituer l'histoire de Hana : elle retrouva son frère George, qui vit au Canada. Avec ses photos et souvenirs intacts.
Marie Brassart-Goerg
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DNA 22 juin 2005 - Rafaël Goldwaser, le « super yiddish man »
Rafaël Goldwaser, le « super yiddish man »
Réunis malgré la chaleur, à l'espace Insight, les amis de Rafaël Goldwaser, lauréat du prix Cukierman 2005, lui ont rendu un bel hommage lundi soir. Une ambiance de fête régnait dans la « Galerie Insight » : tous les amis de Rafaël Goldwaser étaient venus fêter l'événement un peu en avance. Le Prix Cukierman 2005 lui sera remis le 7 juillet prochain à Paris. Attribué à des personnalités qui s'investissent dans la promotion de la culture yiddish, le Prix Cukierman représente pour Rafaël Goldwaser la reconnaissance de toute une vie mise au service de ce patrimoine si riche. « Je pense que je le mérite », dit-il avec humour en ouverture de soirée. Et d'ajouter : « J'ai vécu dans le yiddish ; déjà dans le ventre de ma mère j'allais au théâtre yiddish ». Plus qu'un langage, le yiddish est pour lui un mode de vie, « un voyage dans l'espace et le temps » où l'on fait beaucoup de rencontres. Né en Argentine en 1947, Rafaël Goldwaser a une expérience de plus de 30 ans de théâtre. Il a joué sur les scènes du monde entier, d'Israël au Canada et des Etats-Unis en Europe.
Emotion et humour
Visiblement ému par la présence de ses amis fidèles, le lauréat a tenu à leur exprimer toute sa sympathie pour le soutien et l'encouragement qu'ils eurent à son égard. Dans une ambiance chaleureuse et amicale, Goldwaser a fait un discours plein d'humour au cours duquel il tente une pirouette linguistique en démontrant que la langue yiddish est plus riche que la langue anglaise. Enfin, pour couronner la soirée, Astrid Ruff a proposé à l'auditoire trois chansons du répertoire yiddish, dont l'une spécialement dédiée à son ami qu'elle a nommé avec beaucoup d'humour « le super yiddish man ».
I.C-S.
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DNA 2 juillet 2005 - Antoine Cicero hors de son cocon
Avec Coonspace, l'artiste stras- bourgeois poursuit sa réflexion sur le vivant et ses formes primordiales. Beau et inquiétant. Crâne rasé que surmonte une virgule de cheveux tirée en arrière, longue barbichette à un bout de menton, vêtement de prêtre mésopotamien : Antoine Cicero a traversé la scène artistique strasbourgeoise tel un Ovni. Tout juste sorti des Arts Déco, un diplôme accordé du bout des doigts, il était catapulté sous les feux de l'actualité locale, en novembre 1998 : le nouveau Musée d'art moderne de Strasbourg ouvrait ses portes, et lui consacrait une exposition temporaire. Depuis, Cicero n'a pas estimé nécessaire de privilégier les institutions. Cet anachorète de l'atelier n'entend pas perdre « 80 % de [s]on temps à monter des dossiers, à frapper aux portes pour obtenir une éventuelle subvention». «Ce qui m'intéresse, dit-il, c'est d'abord la création. » Se partageant entre la France et Israël, très mobile, il a développé son propre réseau de collectionneurs et répond, quand les occasions se présentent, à des associations séduites par son univers. C'est le cas du collectif strasbourgeois Insight qui accueille son dernier travail. On y retrouve les dispositifs plastiques caractéristiques d'un esprit qui ne cesse d'interroger la vie et ses métamorphoses, le mystère d'une énergie première qui génère des formes dans lesquelles une vie se développe, avant de s'en extraire. Il y a, tout d'abord, ces animacles - « d'anima, l'âme, le souffle... » : des enveloppes de tissu, ici blanc cassé, parfois noir, armées de tiges en bois, qui sculptent l'espace, flottent dans la pièce, s'accrochent aux murs. Ces cocons translucides participent d'une pratique de la performance, à laquelle Cicero reste très attaché - ils en constituent aussi la mémoire, la trace, appelant de façon intuitive ce corps qui les a habités. Ce que restitue une magnifique vidéo, Trompe l'oeil, diffusée dans l'exposition, où s'engage un beau dialogue entre Cicero et la musique primitive de Marc Strub. Un espace, donc, aux lisières de la création plastique, mais aussi de l'objet, de la danse, de la musique, de l'art textile et de l'art vidéo. On pourrait le croire un brin mystique, ou tout au moins ésotérique. Il s'en défend - on n'est pas obligé de le croire. Reste que le terme d'exigence spirituelle et physique - « Trois heures d'exercice chaque matin... » - lui va très bien. Cicero ne transige pas. Possède une bonne dose d'humour, sans plaisanter sur tout. Aux animacles s'ajoutent, chez Insight, divers objets, boîtes et tableaux translucides, imaginés dans le même esprit. L'organique et le végétal s'y déclinent à la façon d'un étonnant cabinet de curiosités. « J'aime cet esprit. Ce merveilleux de la vie saisi à travers le regard intime du collectionneur », dot-il. Un merveilleux qui s'insinue dans tous les espaces, pour peu qu'on prenne le temps d'observer. Telles ces étranges enveloppes végétales, vert pâle, d'origine assurément exotique, qu'il a découvertes en plein Strasbourg. Posées sur un piédestal, elles répondent parfaitement à son travail. L'art qui réfléchit la vie. Et vice versa.
Serge Hartmann
Antoine Cicero. Photo DNA - Xavier Thiery.
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Poly 89 - septembre 2005
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Dna - Christian Santoro - 8 octobre 2005
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DNA 27 novembre 2004 - 1001 nuits
Elles rêvaient d'occuper les Bains Municipaux. « On avait vu les choses en très grand ! », lâchent-elles en riant. C'est finalement sur une chambre d'hôtel du quartier gare à Strasbourg que Ramona Poenaru et Wonderbabette ont jeté leur dévolu. « Un hôtel, c'est un lieu qui répond plutôt bien au thème de la nuit », notent les deux jeunes plasticiennes, particulièrement motivées par ce genre de contexte, « magique et mystérieux ». Elles étaient déjà sur le pont de la toute première « Nuit Blanche » à Paris, en roulotte, et certains noctambules strasbourgeois se souviennent de leur intervention, « La réalisation d'un espace à rêver », l'an dernier, lors de la deuxième édition des « 1001 Nuits » strasbourgeoises. Troisième édition cette année. Et cette fois-ci, elles ont conçu, avec trois artistes invités (Cab, Mélanie H., Yaël Picard), un Dream Hotel qui fonctionne sur la mise en situation, « doucement déstabilisatrice », des visiteurs.
Événementiel, ludique, populaire...
« On va les cajoler ! », annonce Wonderbabette dans un sourire ambigu. Une nuit câline ? « Quand on lit Les 1001 Nuits, on s'aperçoit qu'au-delà du conte, le propos n'est pas si sage... », précise Ramona. A bon entendeur... Dream Hotel se présente donc comme l'une des dix-huit stations d'un itinéraire éclaté à travers la ville. Et ce maillage mobilise d'habituels acteurs de la scène artistique contemporaine dans la cité (Stimultania, Apollonia, ACECA, Syndicat Potentiel, Insight...), mais occupe aussi des lieux très inattendus, comme un wagon SNCF, un parking souterrain, la coupole de l'Observatoire, un terrain de basket, des cafés ou encore les vitrines de grands ou moins grands magasins métamorphosés en écrans géants. Une cinquantaine de plasticiens, de la région, du Grand Est, de Paris et de Bruxelles ont été contactés par l'équipe d'ACECA, qui coproduit, avec le Castrami (comité d'action sociale en faveur des populations issues de l'immigration), ces « 1001 Nuits ». « Nous avons privilégié le médium vidéo, parce qu'il colle particulièrement bien à l'environnement nocturne, à la déambulation dans la ville. C'est de la lumière, du mouvement, du son... », indique Sophie Kauffenstein, d'ACECA, qui insiste sur l'aspect « événementiel, ludique, populaire » d'une manifestation qui intègre aussi de la musique, des performances, le multimédia, des installations... Sa fierté : « Toutes les interventions ont été conçues in situ. Ce ne sont pas des boulots préexistants placés dans un espace donné. Chacun a réfléchi à un projet spécialement adapté au lieu investi. » Espace de confrontations culturelles né en 2002 à l'occasion d'un colloque consacré à l'immigration en Europe, les « 1001 Nuits » se posent désormais en rendez-vous de la scène artistique. Une sorte de micro « Nuit Blanche », en plus sage encore - couvre-feu décrété à 2 h du matin... De leurs origines, ces Nuits ont gardé le goût de la circulation à travers la ville - les plus volontaristes peuvent disposer de vélos pour joindre, sinon tous les points du parcours, un maximum d'entre eux - et de la rencontre. De la découverte de l'autre. Immigration et échange artistique. Serge Hartmann Ce samedi 27 novembre à Strasbourg, de 20 h à 2 h du matin. Infos au 03 88 21 00 98. www.aceca.net.
Photo DNA - Bernard Meyer.
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Dna - François Weber - 16 octobre 2004
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Polystyrene - François Weber - octobre 2004
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Repères - Gabriel Micheletti - février 2004
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Polystyrene 69 - novembre 2003
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Reflets Dna - Western - ovembre 2003
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Programme Fnac - western - novembre 2003
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Polystyrene - western - novembre 2003
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Polystyrene 68 - octobre 2003
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DNA 12 octobre 2003 - Inter-urbains
••• Pour la troisième édition des échanges artistiques entre le Québec et l'Alsace, l'association Origine a organisé de nombreuses manifestations en divers lieux : Etappenstall à Erstein, Espace Insight et Galerie Le Lab à Strasbourg et pour finir le 19 octobre le Jardinus Gloutonum à Bischwiller. Onze plasticiens québécois et neuf créateurs alsaciens sont réunis sous la houlette d'Emma Garzaro, directrice artistique. Dans la Galerie Le Lab, toutes techniques acceptées, on trouve diversité, créativité, originalité de plasticiens. Les deux frères Sanchez, Jason et Carlos, exposent une série de photographies en couleurs et une vidéo qui explicite « Easter party ». Pendant le fête familiale, le sacrifice du mouton efface les péchés et le sang coule sur le parquet du salon. Proches de l'hyperréalisme, ces grands formats collés sur plexiglas parlent de tradition, de cruauté, de rêve, de désespoir aussi, dans un climat onirique où une noyée flotte comme une méduse et où l'enfant martyrise le chat. A la fête ou en nocturne les démons sont là. Charles Billard vit depuis deux ans au Japon et a réalisé une vidéo pour chasser les idées préconçues et présenter le Japon aux Français. C'est la ville au petit matin qui a inspiré les photographies N&B de Bruno Lachapelle. Après avoir animé les soirées comme DJ, il rentrait seul, fatigué et croisait des passants qui lui ressemblaient. Après le bruit, le silence et toutes ses prises souligne des oppositions bien construites : froideur du bâtiment en verre devant lequel passent une femme enceinte, enfant, vieillard, etc. Il passe en boucle sa propre musique -contrepoint de celle des autres qu'il a passée. Cette présentation succincte n'est pas sélective. Les créateurs alsaciens sont à la hauteur et ces échanges sont tout à fait sympathiques. Julie Carpentier Le Lab, 8 rue de la Schwanau, du mercredi au dimanche de 15 h à 19 h jusqu'au 19 octobre. Les 11 et 18 octobre séance spéciale à 21 h 30. Entrée : 2 €. Renseignements : Origine Association, * 03 88 23 29 62, mail : origine@noos.fr et site : www.origine-art.org
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